07/05/2026

Natalité : la drôle de stratégie du Haut-Commissariat au Plan

Le Haut-Commissariat à la Stratégie et au Plan a publié une note d’analyse sur la baisse de la natalité. Le décryptage des AFC.

Dans une note d’analyse publiée début mai, le Haut-Commissariat à la Stratégie et au Plan fait plusieurs propositions pour redresser la natalité. Les AFC partagent le constat sur la nécessité d’agir mais sont loin de valider la stratégie proposée.

La note du Haut-Commissariat débute par une analyse que la CNAFC partage sur la baisse de la natalité en France et sur l’intérêt de mieux soutenir les parents dans leur désir d’enfants. Une analyse des politiques menées dans les autres pays européens souligne la difficulté à trouver une recette « miracle » pour encourager les couples à avoir plus d’enfants. Il est vrai qu’une seule mesure de politique familiale ne saurait à elle seule changer la donne. Puis le Haut-Commissariat fait une affirmation et deux propositions majeures que les AFC proposent de décrypter.

 

Ce n’est pas le chèque qui fait l’enfant

Le Haut-Commissariat affirme de façon assez abrupte que les allocations et autres aides fiscales n’ont pas d’impact positif sur la natalité. Laissant ainsi entendre qu’il ne faut pas mieux aider les familles…ou même qu’on pourrait continuer à réduire les aides versées aux familles comme les gouvernements successifs l’ont fait ces dernières années. Les AFC rappellent que, si les familles ne mettent pas un enfant au monde à cause d’un « chèque », certaines d’entre elles renoncent à avoir un enfant supplémentaire pour des raisons financières (impossibilité d’avoir un logement plus grand, frais de garde d’enfant, …).

 

Offrir la garantie d’un mode de garde pour les enfants de plus d’un an

Si l’idée de mieux sécuriser la possibilité de faire garder leur enfant est bonne, c’est la limite, fixée arbitrairement à un an qui pourrait poser de graves problèmes. En effet, les communes qui auront la responsabilité de fournir ce mode de garde « garanti » pourraient avoir la tentation de donner la priorité aux enfants de 1 à 3 ans pour accéder aux places de crèches. Que feraient alors des parents d’enfant en bas âge souhaitant reprendre le travail ? Devraient-ils impérativement avoir recours au nouveau congé parental de deux mois par parent ? Puis poursuivre par un congé parental rémunéré 456 € par mois jusqu’aux un an de l’enfant ? Autant les AFC sont favorables aux possibilités données aux parents de prendre un congé parental, autant il est absurde de vouloir imposer le « congé parental pour tous ». N’oublions jamais que certains parents sont indépendants, artisans, commerçants, et ne sauraient interrompre leur activité pendant un an au risque de ne plus en avoir. D’autres familles ne peuvent tout simplement pas se permettre une baisse de revenus importante pendant une si longue période, aussi bonne soit-elle pour leur enfant.

 

Proposer un troisième mois de congé parental

… Si et seulement si le père s’est arrêté au moins un mois. La CNAFC est favorable à toute possibilité supplémentaire de congé parental bien rémunéré. Et favorable également aux possibilités offertes aux pères de mieux s’impliquer auprès de leurs enfants. Mais pourquoi mettre cette nouvelle contrainte aux familles : que le père ait pris un mois de congé parental plein avant que la mère prenne un éventuel troisième mois de congé ? En quoi une telle mesure facilitera-t-elle la vie des familles ? En quoi a-t-elle la moindre chance d’encourager la natalité ?

 

Pour conclure

Le Haut-Commissariat au Plan assume de s’être inspiré de l’exemple suédois pour faire ses propositions. Il est étrange qu’il n’ait pas vu que la Suède a eu en 2025 le plus faible taux de fécondité de son histoire avec seulement 1,43 enfants par femme. Les AFC ont publié un benchmark des politiques familiales européennes.

Il faut espérer que le gouvernement ne s’inspire pas trop de ces propositions « stratégiques » pour la construction du prochain budget de la Sécurité Sociale. Et espérer aussi que les prochains candidats à l’élection présidentielle soient plus avisés dans leurs préconisations pour soutenir les familles et la natalité.

Actualités

Ces articles peuvent vous intéresser

Pourquoi est-il important d’adhérer à une association familiale ?
Majoration des allocations familiales : un report lourd pour les familles
Familles, engagez-vous dans vos communes !