12/05/2026

Loi fin de vie : où en sommes-nous ?

Le Sénat examine à nouveau les textes sur la fin de vie : les soins palliatifs sont adoptés, tandis que l’aide à mourir divise profondément les parlementaires. L’interview de Pascale Morinière sur RCF.

Depuis hier après-midi, les propositions de loi fin de vie sur les soins palliatifs et sur l’aide à mourir sont de retour au Sénat. Pourriez-vous nous dire où nous en sommes ?

Pascale Morinière : Concernant la proposition de loi sur les soins palliatifs. Le même texte a été voté par l’Assemblée en février et, hier après-midi par le Sénat. Le texte sur les soins palliatifs est donc définitivement adopté. Mais ce n’est pas le cas du texte sur « Le droit à l’aide à mourir » qui est examiné en séance publique au Sénat en deuxième lecture depuis hier et jusqu’à demain. Il n’y a aucune chance que le Sénat adopte le même texte que l’Assemblée. Les deux chambres sont particulièrement divisées puisque l’Assemblée soutient une position ultra libérale sur la fin de vie alors que le Sénat tente, lui, d’encadrer l’euthanasie et le suicide assisté en les limitant à la toute fin de vie.

 

Peut-on réellement encadrer ces pratiques ?

P.M. : Je crois que les exemples étrangers répondent de façon éloquente à cette question. Tous les pays qui les ont légalisées, la Belgique, les Pays Bas, le Canada … ont vu les critères s’élargir progressivement jusqu’à inclure les mineurs, les personnes souffrant de troubles psychiques voire de polypathologies. Aujourd’hui 8% des décès au Québec sont dus à une euthanasie. Ce ne sont pas des exceptions mais un phénomène important et en pleine croissance. Le seul rempart solide et structurant est l’interdit de donner la mort, rempart de toute société civilisée. Le vrai progrès pour la fin de vie est le développement des soins palliatifs. A la fois un développement de l’offre et un développement de la recherche pour améliorer la prise en charge.

Que faut-il pour développer les soins palliatifs ?

Deux choses : Une volonté politique et des budgets suffisants : c’est à dire 100 millions d’euros supplémentaires par an comme le prévoit l’actuelle stratégie décennale. Accompagner dignement les plus fragiles est la marque d’une société vraiment humaine.

Comment croire que l’euthanasie resterait une exception pour ceux qui la demandent alors que les finances publiques sont en pleine crise et que notre système de soins est en grandes difficultés. On parle d’ultime liberté mais qu’est ce qu’une liberté contrainte par l’absence de ressources ?

Que serait-il utile de faire aujourd’hui ?

Aujourd’hui, 12 mai, il est utile d’écrire à ses sénateurs pour leur demander de ne pas voter ce texte transgressif. Nos auditeurs peuvent le faire simplement avec le site des AFC ensemblepourlavie.afc-france.org

Il faut remercier les sénateurs qui s’opposent et encourager les autres à rejeter la légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté. Leur légalisation serait une honte pour notre pays. Le sondage des AFC et de la Fondapol a largement montré que les Français étaient opposés à l’idée de pouvoir organiser une méthode de suicide les uns des autres. Aujourd’hui, nous pouvons tous agir et encourager nos élus. Quelques minutes suffisent pour cet acte citoyen.

 

Contre l’euthanasie, les AFC agissent !

Déjà en 2024 et 2025 :

  • Les AFC ont envoyé aux sénateurs leur enquête Fin de vie : la fabrique de l’opinion
  • Les AFC ont rencontré la sénatrice Christine Bonfanti-Dossat, afin de présenter le documentaire au Sénat
  • En mai 2024, la mairie de Paris annule son affichage faisant la promotion de l’euthanasie suite au référé liberté initié par les AFC
  • En 2024, Les AFC ont soutenu le tractage organisé par Faim2Vie, l’association des conventionnels opposés à toutes formes d’euthanasie
  • La Confédération nationale a envoyé les livrets La fin de vie en question aux députés pour qu’ils se posent les bonnes questions au moment des débats dans l’hémicycle.
  • Une lettre signée par 44 médecins a été envoyée au Conseil national de l’Ordre des médecins, pour lui demander une position ferme sur l’aide à mourir.

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