16/03/2026

Dark Romance : un phénomène littéraire inquiétant

Les Associations Familiales Catholiques alertent les parents sur une forme de littérature très en vogue chez les jeunes, et en particulier les jeunes adolescents : la Dark Romance (« romance sombre »).

Né aux Etats-Unis dans les années 2010, ce sous-genre de la New Romance arrivé chez nous quelques années plus tard met en scène des relations violentes et dégradantes, des amours « interdites » et des relations condamnées par la morale ou par la loi. Il mêle sexualité explicite, violence, humiliation, emprise, viol, torture, drogue, alcool, rapt et relations toxiques « idéalisées ». Les protagonistes masculins sont souvent des anti-héros, mafieux, tueurs à gages, dominateurs « brisés » et violents.

Ces récits présentent couramment des scènes de sado-masochisme ou des scènes de torture, notamment vis-à-vis des femmes, souvent elles-mêmes dociles et consentantes vis-à-vis d’une terreur et d’une perversité imposées : une sorte d’apologie du gynocide.

 

Une popularité croissante

Vanté sur les réseaux sociaux, le genre est devenu très populaire en France auprès d’un public féminin (plus de 90 %) souvent très jeune (dès 12 ans) ; il représente 17 % du marché du livre – notamment via la saga Captive de Sarah Rivens (2022) – qui brille par sa pauvreté de langue et son amas de clichés.

Les auteurs font valoir qu’il ne s’agit que de fiction (un terrain de jeu émotionnel où l’on circule en zone soi-disant « sûre »), et que des avertissements figurent en début d’ouvrage.

Mais ces titres sont très largement accessibles aux jeunes : gratuitement avec le Pass Culture, et sans contrôle parental ni filtre via des plates-formes de livres en ligne (comme Nextory), en accès libre sur Kindle, Skyblog, Wattpad ou via TikTok (BookTok) – sans que les pouvoirs publics y trouvent à redire.

Avec leurs couvertures innocentes fleuries et « glamours », ils figurent souvent en tête de gondole dans les librairies, tandis que le marketing des maisons d’édition tourne en boucle sur les portables via les vidéos TikTok. Les librairies elles-mêmes se voient débordées par le phénomène.

S’ils peuvent déconseiller une lecture, les libraires ne peuvent refuser une vente puisqu’aucune restriction d’âge n’est imposée.

Ravis de voir leurs enfants lire, les parents ne se méfient pas de cette « littérature » redoutablement nocive pour nos jeunes. Non avertis, beaucoup se laissent berner.

Amazon a néanmoins récemment retiré de sa plate-forme l’un de ces titres (Corps à cœur) mis en cause pour apologie de la pédophilie et de la pédocriminalité ; cet ouvrage a également fait l’objet d’un signalement à la justice par Sarah El Haïry, haut commissaire à l’Enfance.

 

Comment les parents peuvent (ré)agir ?

Il est urgent de n’exposer en aucun cas nos enfants à cette « littérature » qui n’a rien à voir avec un amour véritable entre un homme et une femme fondé sur le don mutuel, la tendresse et le respect. A l’âge de la construction de la personnalité, certaines lectrices auront du mal à distinguer les dynamiques relationnelles fictives de celles du monde réel. La répétition des scènes violentes finit par rendre insensible à la violence, la rendant plus acceptable, et induisant une confusion entre désir et coercition.

S’ils ont été en contact avec ces livres, il importe de faire prendre conscience aux jeunes de la toxicité de ces lectures : il y a là risque d’addiction et d’atteinte psychique – et spirituelle- proche de celui que l’on trouve dans les films pornographiques avec la recherche d’une excitation sexuelle malsaine. Aux parents de leur rappeler que ces récits relèvent de fantasmes, qui ne doivent pas être transposés à la réalité.

Plutôt que cette sous-littérature, invitons nos jeunes à découvrir les ouvrages qui vont les aider à se construire.

 

Quelques recommandations de lecture

Le guide de lecture proposé par les AFC de Versailles recense près de 1500 livres pour enfants et adolescents jusqu’à leur entrée dans l’âge adulte. Classiques, récents ou très actuels, tous les livres présentés ont été lus avec attention par des adultes et de jeunes lecteurs avant d’être sélectionnés et classés par thème et par âge. Ce guide de lecture de s’intitule Lire, c’est élire, et est disponible aux éditions Salvator (10€, en rupture provisoire). D’autres idées de bonnes lectures figurent aussi sur Livres en famille et 123 loisirs.

Le maître-mot : dialoguer, et lire avec eux !

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