Classe Optimum TGV InOui : quelle place pour les familles ?
Avec la création annoncée de la classe « Optimum » dans certains TGV InOui à partir de 2026, appelée à remplacer l’actuelle offre Business Première, la SNCF fait évoluer son offre premium en misant sur le calme et les conditions de travail. Une orientation qui relance le débat sur la place accordée aux familles dans les trains longue distance et, plus largement, sur la capacité des transports publics à concilier diversité des usages et intérêt général. Les AFC analysent cette nouvelle annonce pour les familles.
Une classe premium et calme
Présentée comme une classe premium destinée à une clientèle recherchant des conditions de voyage optimales, cette nouvelle offre exclut les enfants de moins de 12 ans, tout en autorisant l’accès aux animaux de compagnie moyennant un supplément tarifaire.
Une évolution qui s’inscrit dans une culture croissante du « no kids »
Le sujet a rapidement suscité de nombreuses réactions de la part de familles, conduisant la Confédération nationale des Associations familiales catholiques (CNAFC) à s’en saisir dès le début du mois de décembre 2025. Celle-ci a relayé auprès de SNCF Voyageurs l’incompréhension exprimée face à l’exclusion des enfants dans une offre relevant du transport public.
Ce choix s’inscrit dans un contexte plus large de diffusion d’une culture dite du « no kids », qui tend à considérer la présence d’enfants comme une gêne dans les espaces collectifs, y compris dans des services relevant de l’intérêt général comme les transports publics.
Sans contester le principe d’espaces dédiés au calme, cette évolution interroge le risque d’une normalisation progressive de l’exclusion des enfants, non pour des raisons techniques avérées, mais par absence de réflexion globale sur leur accueil.
Une meilleure prise en compte des familles, avec des solutions réalistes
Les familles constituent une part importante des usagers du train et la prise en compte de leurs besoins apparaît comme une demande légitime. Pour autant, la question de l’accueil des familles ne saurait se limiter à la création de voitures durablement dédiées.
Les déplacements familiaux sont en effet principalement concentrés sur certaines périodes — vacances scolaires, week-ends prolongés, fêtes — tandis que les trains circulent quotidiennement avec des profils de voyageurs très diversifiés. Des aménagements figés risqueraient ainsi d’être inadaptés une grande partie du temps.
En France, la seule offre spécifiquement pensée pour les familles reste l’espace famille réservable en 2de classe sur les trains TGV InOui les week-ends, vacances scolaires et jours fériés. Cette solution exclut de fait les trains Ouigo, aux tarifs plus abordables. À l’inverse, d’autres pays européens — comme l’Allemagne, la Suisse ou les pays scandinaves — proposent des espaces aménagés permettant aux parents et aux enfants de voyager ensemble dans de meilleures conditions (coins lecture, espaces ludiques, voire toboggans).
Privilégier la modularité plutôt que l’exclusion
Dans ce contexte, une réflexion sur la modularité des espaces à bord des trains longue distance apparaît comme une piste structurante. L’adaptation des configurations aux usages réels selon les périodes — regroupement de places, carrés de quatre en vis-à-vis, espaces identifiés pour accueillir familles ou groupes lorsque la demande est forte — permettrait de répondre à des besoins différenciés sans exclure a priori certaines catégories de voyageurs.
Les cycles industriels ferroviaires étant longs, ces choix doivent être anticipés dès aujourd’hui, y compris pour les rames déjà commandées lorsque des évolutions restent possibles.
Un enjeu de cohésion sociale dans un contexte de baisse de la fécondité
Cette réflexion prend une résonance particulière dans un contexte de baisse historique de la fécondité en France. Le taux de fécondité s’établit aujourd’hui à 1,56 enfant par femme, son niveau le plus bas depuis 1918.
Dans ce contexte, une question demeure : comment encourager les familles à avoir des enfants si les infrastructures du quotidien — et notamment les transports collectifs — ne sont pas pensées pour faciliter la mobilité avec des enfants, mais tendent au contraire à en limiter la présence ?
Dans ce cadre, la CNAFC appelle la SNCF à associer les associations familiales et de consommateurs en amont des décisions ayant un impact sur les familles ; étudier des solutions d’aménagement modulable adaptées aux usages réels ; et à améliorer la lisibilité des règles de placement et des configurations utiles aux familles et aux groupes.
Voyager en train doit rester une expérience accessible et acceptable pour tous. Les enfants ne sont pas un problème à contourner, mais une réalité sociale à intégrer pleinement dans les politiques de transport. Les AFC vous proposent de tout savoir sur la carte famille nombreuse dans cet article.
La CNAFC, association de consommateurs
La Confédération nationale des Associations Familiales Catholiques (CNAFC) est l’une des 14 associations de défense des consommateurs reconnues par la DGCCRF (la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes). Grâce à cet agrément, la CNAFC vient en aide à tous les particuliers qui rencontrent des difficultés d’ordre commercial avec des entreprises. Ainsi, en cas de litige, toute personne, même non adhérente aux AFC, peut contacter l’une des nombreuses antennes consommation disséminées dans toute la France.