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Elections 2017 : Nathalie Arthaud répond aux AFC

Depuis des mois, les AFC interpellent les candidats à l'élection présidentielle 2017 autour du projet politique des AFC.

Les premiers fruits sont perceptibles, puisque certains candidats reprennent nos propositions ou sont confortés dans leurs convictions.

Aujourd'hui, la réponse de Nathalie Arthaud, candidate de Lutte Ouvrière à l'élection présidentielle 2017 :

Monsieur,

J’ai déjà eu l’occasion de vous écrire en septembre 2016 pour répondre à votre sollicitation. Je vous adresse ci-dessous, en plus des sujets déjà abordés les réponses aux autres thèmes nouveaux que vous évoquez.

Famille :

- Au niveau de la maternité, on a assisté à des fermetures d’Établissements, de services dans les hôpitaux, ce qui amène les femmes à se déplacer de plus en plus loin pour un accouchement. Par ailleurs, depuis 2014 la durée du séjour en maternité après l’accouchement a été réduite pour des raisons d’économie.
- Les conditions d’accueil des jeunes enfants se dégradent. En 2015 il y avait 429 100 places en crèche dans le pays, soit à peine 25 400 de plus qu'en 2013 alors que le gouvernement s’était engagé à en créer 100 000.
- La diminution du budget de l’Aide Sociale à l’Enfance, la non-compensation par l’État des budgets dus aux collectivités locales, se répercute sur les jeunes qui en bénéficient, dont près de la moitié sont des enfants et adolescents placés hors de leur milieu familial. Ainsi, dans le Nord de la France, les associations de protection de l’enfance voient leurs dotations diminuer de 15 % en trois ans. Pour ces structures chargées de gérer le dossier de 20 000 mineurs sur l’ensemble du territoire, la conséquence est dramatique : 700 places en foyer vont être supprimées d’ici à fin 2018 sur les 5000 existantes.
- La situation du logement des familles est aussi dramatique. La loi Dalo de 2007 est censée être appliquée depuis 2008. Pourtant, des milliers de familles prioritaires attendent toujours d’être relogées. Selon la fondation Abbé-Pierre, pour résoudre ce problème il faudrait construire au moins 500 000 logements neufs par an.
- La loi de 2005 fait obligation aux écoles d'inscrire les enfants handicapés. Pourtant, 20 000 d’entre eux ne sont pas scolarisés. En effet, faute de moyens de transport, de bâtiments accessibles et du manque d'auxiliaires de vie scolaire ils ne peuvent pas être accueillis.
- Le Planning familial, organisation qui depuis plus de cinquante ans s'occupe d'information et de consultation en matière de sexualité, de contraception et de famille, voit sa subvention réduite dans de nombreux départements.
- Les allocations familiales des familles les plus aisées - 455 000 allocataires - ont été réduites. Il est sûr que des salariés gagnant de 6000 à 9000 euros par mois n'attendent pas après les sommes versés par la CAF pour boucler leurs fins de mois. Mais l'argent pris à ceux qui gagnent mieux leur vie n'augmentera pas pour autant les allocations des plus démunis, mais servira à alimenter le gouffre sans fond des aides versées au patronat. Il faut avoir un certain culot pour parler dans ce cas de « justice sociale », quand on prend à des salariés, même s'ils ont un revenu correct, pour donner aux possédants !

Laïcité

Une véritable laïcité imposerait d'arrêter toute forme de subvention à l'enseignement religieux. La laïcité pour nous, c'est le rejet total de la religion dans la sphère privée et la mise en place d'un véritable principe d'égalité de traitement (de non traitement devrait-on dire) de toutes les religions, ce qui permettrait enfin de pouvoir dire qu'on vit dans une société qui ne privilégie pas une religion face aux autres.

École

En France près de 40% des élèves issus de milieux défavorisés sont en difficulté. Les gouvernements mis en place par Chirac, Sarkozy et Hollande se partagent la responsabilité de cet échec. Sarkozy avait supprimé 80 000 postes d’enseignants. Hollande avait promis de faire de l’école une priorité et de recréer 60 000 postes mais, le nombre d’élèves ayant augmenté du fait de la démographie, l’encadrement n’a pas pour autant été amélioré.

Dans les écoles, les collèges et les lycées, on se retrouve donc toujours dans la même situation. Toute une partie des élèves de familles populaires ne peuvent acquérir au début de l’école primaire les bases nécessaires pour poursuivre leur scolarité, et les enseignants sont bien incapables d’y remédier, faute de moyens pour travailler en petit groupe ou individuellement. Ces élèves poursuivent ensuite une scolarité chaotique émaillée de quelques redoublements, au moins jusqu’à leurs 16 ans, qui sonnent la fin de la scolarité obligatoire.

Pour que cela change, il faudrait consacrer l’agent public à l’éducation au lieu de la distribuer, à perte, au grand patronat.

Travail

Il faut que tout le monde ait un travail et un salaire. Il faut éradiquer le chômage. La première mesure, de bon sens, est d’interdire les licenciements et les plans de suppressions d’emplois à commencer par les entreprises qui font des bénéfices sous peine d’expropriation. Je n’oublie pas les salariés des plus petites entreprises et je sais qu’ils sont aussi concernés par les licenciements mais leur situation dépend bien souvent de ces grands groupes. Eh bien il faut imposer que ces groupes assurent un salaire à tous ces salariés qui ont contribué à leur prospérité !

Parallèlement, il faut aussi créer des millions d’emplois pour les jeunes qui arrivent sur le marché du travail, pour tous ceux qui n’ont droit, depuis des années qu’à quelques heures de boulot ici et là, pour tous ceux qui sont rejetés de la production parce qu’ils sont invalides ou handicapés. C’est possible immédiatement en imposant que le travail soit réparti entre tous.
Il faut qu’il y ait des embauches partout où le personnel manque, partout où la cadence de travail et les horaires sont devenus insoutenables. Partout où les salariés ne peuvent plus poser leurs congés comme ils veulent, il faut des embauches en CDI, de vrais emplois avec des salaires pleins et entiers.

Il faut arrêter avec ces contrats précaires scandaleux où, tous les deux ans, un travailleur en remplace un autre, mis au chômage. Il faut arrêter de concentrer tout le travail sur des travailleurs de moins en moins nombreux. Au contraire, il faut imposer de le répartir avec un salaire plein, parce qu’un emploi et le salaire qui va avec sont la seule richesse des travailleurs. Le revendiquer est un droit légitime. C’est de l’intérêt de tous les travailleurs qui subissent les contrecoups des suppressions d’emplois au travers de l’augmentation des cadences et de l’exploitation. C’est aussi de l’intérêt d’autres catégories populaires, des commerçants par exemple qui, avec la paupérisation, voient fondre leur clientèle et sont menacés jusque dans leur propre existence.

Éthique et écologie

Le principal problème éthique de notre société est que tout le progrès scientifique et technique est aujourd’hui confisqué par un groupe social en nombre infime mais qui, au pouvoir à l’échelle de la planète, l’utilise pour accumuler du profit financier quels que soient les moyens à déployer pour cela et quelles qu’en soient les conséquences pour l’humanité.

Quant au bilan du capitalisme dans le domaine environnemental, il est désastreux. Dominé par la recherche du profit maximum et le plus immédiat possible, ce système économique entraîne de graves pollutions, le gaspillage généralisé des ressources énergétiques ou minières de toute la planète, et des catastrophes industrielles majeures.

Mettre fin à ce système, irresponsable vis-à-vis des ressources de la planète comme il l’est vis-à-vis de l’humanité tout entière, est bien la seule manière conséquente de se battre pour une société respectueuse de son environnement.

 Recevez, Monsieur, mes salutations distinguées.

Nathalie ARTHAUD

 

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