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L’écologie de l’homme : nouvelle approche politique pour les familles ?

Photos de famille dans la natureQu’est-ce que l’écologie de l’homme ?

Le courant écologique est né en Allemagne à la fin du 19eme où ce terme d’ « écologie » a été fabriqué. Il vient d’Oïkos (maison) et Logos (science), c’est donc la « science de la maison ». On retrouve le terme du Pape François qui nous parle de « Maison commune » dans son encyclique. Le sous-titre : « Sur la sauvegarde de la maison commune ».

On parle en général d’écologie humaine, en particulier suite au lancement de ce courant par Tugdual Derville et Pierre-Yves Gomez. Les AFC, elles, ont l’habitude de parler d’écologie de l’homme pour une question.... simplement sémantique ! Nous voulons signifier que ce n’est pas l’écologie qui est humaine mais que l’écologie s’applique à l’homme. Il s’agit d’une écologie pour l’homme, pour prendre soin de l’homme.

De quoi parlons-nous ?

Quand nous parlons d’écologie de l’homme, nous parlons à la fois d’anthropologie (qu’est-ce que l’homme ? quelle est sa destinée ? Quel est le sens de sa vie ? Qu’est-ce que l’Homme, homme et femme ? Qu’est-ce qui les lie ? Quel est le sens de la procréation ?....) mais aussi de morale (l’ensemble des règles qui font qu’une action humaine est juste....)
Mais... écoutons ce que nous dit le Pape François dans Laudato si ’ : « Les réflexions théologiques ou philosophiques sur la situation de l’humanité et du monde, peuvent apparaitre un message répétitif et abstrait, si elles ne se présentent pas de nouveau à partir d’une confrontation avec le contexte actuel, en ce qu’il a d’inédit pour l’histoire de l’humanité. » (17)

Peut-être y a-t-il là une critique discrète du discours chrétien dans le monde actuel et sans doute un éclairage sur la marque originale de notre Pape.
Plus loin, il dit aussi et à deux reprises : « La réalité est supérieure à l’idée »(201), en citant la joie de l’Evangile.

Peut-être avons-nous eu un peu trop tendance à ressasser en étant auto-référents à notre pensée et en ne voyant pas que notre monde bouge et que peu à peu nous nous éloignons de ses préoccupations réelles. La voix des chrétiens n’est plus audible, voire est un repoussoir, si elle se réfère à sa pensée seule sur le mode « nous l’avons toujours dit ».

On nous reproche régulièrement aux AFC de ne pas suffisamment brandir notre bannière, mais quelle audience pourrions-nous avoir si nous allions voir Laurence Rossignol en justifiant notre opposition à la facilitation du divorce, par exemple, par l’Enseignement de l’Eglise ?
Nous devons donc faire l’effort de nous ancrer dans la réalité telle qu’elle se présente, de la connaitre et même de l’aimer. Le Pape François nous dit : « Le monde est plus qu’un problème à résoudre, il est un mystère joyeux que nous contemplons dans la joie et dans la louange. » Nous sommes invités à aimer profondément ce monde et aussi à apprendre à nos enfants à l’aimer.

La réalité regardée sans ciller ne devrait pas faire de nous des Misanthropes ou un camp retranché gaulois qui « résiste encore et toujours à l’envahisseur » tout en ayant une conscience aigüe de sa supériorité. La réalité nous permet de rejoindre le monde, de le comprendre, de dialoguer et de nous en sentir co-responsables. C’est sans doute là que réside une nouvelle approche politique, non surplombante ou distanciée.

Parler d’écologie de l’homme, appelle à prendre soin de l’Homme tel qu’il est aujourd’hui, dans le contexte actuel et non dans un monde rêvé qui servirait de refuge facile, un Eden du passé qui n’a sans doute jamais existé. L’Histoire ne s’écoule jamais que dans un sens et notre riche culture chrétienne doit nous servir à inventer les solutions pour aujourd’hui.

Donc : regarder le donné, le réel tel qu’il se présente, observer et comprendre. Revenir au corps, à la nature. Admirer et rendre grâce. Inventer du tout neuf pour aujourd’hui et demain. Nous allons travailler dans ce sens pendant ces deux jours.

Quelle est notre boussole, aux AFC ?

Nous nous enracinons dans l’enseignement social de l’Eglise, la « DSE ».
Il s’agit d’une riche compilation du Magistère de notre Eglise. Si la Révélation s’arrête avec la mort du dernier apôtre, le Magistère de l’Eglise, lui, ne cesse de s’approfondir, c’est-à-dire de tirer toujours du neuf de l’Ecriture et de la Tradition.

La DSE est l’ensemble des enseignements de l’Eglise, « experte en humanité », qui ont trait à l’organisation sociale. Elle s’adresse prioritairement aux laïcs à qui incombe cet engagement dans la cité. Pour nous, c’est notre boussole qui nous évite.... de réinventer l’eau tiède.... en moins bien chaque fois qu’une nouvelle question se pose.

Un certain nombre de principes de la DSE nous sont bien connus : le Bien Commun, la subsidiarité, la destination universelle des biens, la famille, cellule vitale de la société, les parents, premiers et principaux éducateurs etc... Le Compendium fait plus de 500 pages et est d’une grande richesse à découvrir ou redécouvrir. Il y manque néanmoins la dernière encyclique qui est résolument une encyclique à caractère social. Le Pape François le dit dès les premières lignes : « Cette lettre encyclique s’ajoute au Magistère de l’Eglise ».

Son approche n’est pas de parler de morale sous couvert d’écologie. Il en parle tout au long de la Création. Néanmoins il n’élude pas la question de l’Homme et de l’écologie de l’Homme. L’Homme n’est pas à part ou une catégorie de l’écologie ou même au-dessus. Il montre tout au long que « tout est lié ». Il le répète même à de nombreuses reprises :
Il cite Benoit XVI et montre le lien entre les réalités environnementales et humaines : « Le livre de la nature est unique et indivisible » et inclut entre autres, l’environnement, la vie, la sexualité, la famille et les relations sociales. « Environnement social et naturel ont leurs blessures qui sont dues au même mal, l’idée qu’il n’existe pas de vérités indiscutables qui guident nos vies et donc que la liberté humaine n’a pas de limites. » (Introduction)

Et plus loin : « Ainsi, il devient manifeste que la dégradation de l’environnement comme la dégradation humaine et éthique sont intimement liées. » (56)
Et aussi : « Quand on ne reconnaît pas, dans la réalité même, la valeur d’un pauvre, d’un embryon humain, d’une personne vivant une situation de handicap – pour prendre seulement quelques exemples – on écoutera difficilement les cris de la nature elle-même. Tout est lié. » (117)
Et encore : «Puisque tout est lié, la défense de la nature n’est pas compatible non plus avec la justification de l’avortement .» (120)

Que dit François dans Laudato si’ ?

Le troisième chapitre est consacré à « La racine humaine de la crise écologique ». Le Pape y dénonce la « globalisation du paradigme technocratique »
Il l’explique : Jusqu’à présent, il s’agissait de recevoir ce que donnait la nature comme en tendant la main, mais à présent la main de l’homme s’impose à la Création pour en « presser » les biens au-delà des limites. (106)
Cela s’applique exactement à la bioéthique où l’homme devrait à présent s’imposer spontanément des limites à ce qu’il est capable de faire. Je ne dois pas faire tout ce que je peux faire.
Ce paradigme s’étend aussi à la culture, à l’économie et à la politique.

Que dit-il de nouveau par rapport aux enseignements des papes précédents ?
Il dit trois choses :
- L’angle d’approche est celui de la réalité comme nous l’avons vu. Il ne part pas de l’Ecriture et de la révélation mais du donné observable. Cela rend son discours universel, adressé à tous (Ségolène Royal, Nicolas Hulot….). Par exemple, la DSE part de l’eau « don de Dieu » et doit pour cette raison être partagée. Il part de l’eau potable indispensable à la vie et dont les plus pauvres sont privés.
- Il relie très fortement approche écologique et approche sociale pour relier « la clameur de la terre et la clameur des pauvres »
- Il n’appelle pas à ce que tous puissent intégrer le modèle actuel mais il appelle à un changement de modèle de développement.

En effet, pour répondre, le Pape appelle à une « conversion écologique », à une « écologie intégrale » il propose de vivre selon un modèle « d’heureuse sobriété » par rapport à la société de consommation. Une petite phrase (194) dit toute son intention : « Il s’agit simplement de redéfinir le progrès ». Il appelle à une décroissance dans certaines parties du monde. « Si nous reconnaissons la valeur et la fragilité de la nature, et en même temps les capacités que le Créateur nous a octroyées, cela nous permet d’en finir aujourd’hui avec le mythe moderne du progrès matériel sans limite. Un monde fragile, avec un être humain à qui Dieu en confie le soin, interpelle notre intelligence pour reconnaître comment nous devrions orienter, cultiver et limiter notre pouvoir. » (78)


17. Les réflexions théologiques ou philosophiques sur la situation de l’humanité et du monde, peuvent apparaitre comme un message répétitif et abstrait, si elles ne se présentent pas de nouveau à partir d’une confrontation avec le contexte actuel, en ce qu’il a d’inédit pour l’histoire de l’humanité. Pas d’écosystème circulaire dans l’industrie comme dans la nature.

56. Ainsi, il devient manifeste que la dégradation de l’environnement comme la dégradation humaine et éthique sont intimement liées. Beaucoup diront qu’ils n’ont pas conscience de réaliser des actions immorales, parce que la distraction constante nous ôte le courage de nous rendre compte de la réalité d’un monde limité et fini.

78. Si nous reconnaissons la valeur et la fragilité de la nature, et en même temps les capacités que le Créateur nous a octroyées, cela nous permet d’en finir aujourd’hui avec le mythe moderne du progrès matériel sans limite. Un monde fragile, avec un être humain à qui Dieu en confie le soin, interpelle notre intelligence pour reconnaître comment nous devrions orienter, cultiver et limiter notre pouvoir.

117. Quand on ne reconnaît pas, dans la réalité même, la valeur d’un pauvre, d’un embryon humain, d’une personne vivant une situation de handicap – pour prendre seulement quelques exemples – on écoutera difficilement les cris de la nature elle-même. Tout est lié. Si l’être humain se déclare autonome par rapport à la réalité et qu’il se pose en dominateur absolu, la base même de son existence s’écroule, parce qu’« au lieu de remplir son rôle de collaborateur de Dieu dans l’œuvre de la création, l’homme se substitue à Dieu et ainsi finit par provoquer la révolte de la nature ». (Centesimus annus)

120. Puisque tout est lié, la défense de la nature n’est pas compatible non plus avec la justification de l’avortement. Un chemin éducatif pour accueillir les personnes faibles de notre entourage, qui parfois dérangent et sont inopportunes, ne semble pas praticable si l’on ne protège pas l’embryon humain, même si sa venue cause de la gêne et des difficultés : « Si la sensibilité personnelle et sociale à l’accueil d’une nouvelle vie se perd, alors d’autres formes d’accueil utiles à la vie sociale se dessèchent ». [97] (Caritas in veritate)

194. Pour que surgissent de nouveaux modèles de progrès nous devons « convertir le modèle de développement global»,[136] ce qui implique de réfléchir de manière responsable « sur le sens de l’économie et de ses objectifs, pour en corriger les dysfonctionnements et les déséquilibres ».[137] Il ne suffit pas de concilier, en un juste milieu, la protection de la nature et le profit financier, ou la préservation de l’environnement et le progrès. Sur ces questions, les justes milieux retardent seulement un peu l’effondrement. Il s’agit simplement de redéfinir le progrès

Recours contre la loi Taubira

recours contre la loi Taubira

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Débat sur la GPA au Conseil de l’Europe – l’être humain est-il une marchandise ?

paternite maternite gpaCommuniqué de la FAFCE

La Commission Questions Sociales, Santé et Développement Durable de l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l‘Europe (APCE) se réunira à Paris le lundi 23 novembre. Parmi les sujets du jour se trouve un rapport sur la GPA, «Droits de l’Homme et questions éthiques liées à la Gestation Pour Autrui».

Ce rapport est délivré par le Sénateur belge Petra de Sutter, gynécologue de profession et chef du département de Médecine de la Reproduction du CHU de Gent en Belgique : un des quatre hôpitaux belges pratiquant la GPA malgré un vide juridique sur la question au sein du cadre légal de la Belgique.

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Le transhumanisme : rêve ou catharsis ?

Le transhumanisme est un sujet qui agite de plus en plus l’opinion. Il inquiète certains, en fait rêver d’autres. Les progrès de la science nous font espérer arriver à l’immortalité dès cette terre.
Peurs irraisonnées, espoirs insensés, l’humanité oscille toujours entre les deux. Il semblerait que nous ne puissions vivre sans émotions fortes, sans terreurs qui nous permettent d’exprimer les angoisses qui nous habitent, sans l’illusion de s’imaginer pouvoir maîtriser pleinement notre vie et notre mort.

Fotolia transhumanisme

Aux sources du transhumanisme : l'humanisme

Dans le mot transhumanisme, il y a :

  • le préfixe trans- qui a le sens de « au-delà », « à travers » et qui marque le passage ou le changement
  • le mot humanisme qui recouvre « toute théorie ou doctrine qui prend pour fin la personne humaine et son épanouissement » (Le Petit Robert)

Le projet humaniste a été source de progrès pour l’homme, en le plaçant au sommet de la création, supérieur à tous les autres vivants, en maîtrisant la nature de plus en plus grâce à la science.
« La pensée judéo-chrétienne a démystifié la nature. Sans cesser de l’admirer pour sa splendeur et son immensité, elle ne lui a plus attribué de caractère divin. De cette manière, notre engagement envers elle est davantage mis en exergue. » (Laudato Si, N° 78)

L’homme devient moins dépendant de la nature. L’irrigation a remplacé les rogations. Cette maîtrise de la nature, y compris de la nature humaine, fait parfois oublier à l’homme qu’il reste une créature et lui fait espérer un progrès matériel sans limite.
« L’humanisme s’émancipe de la transcendance pour s’attacher seulement à ce qui est d’ordre humain. L’humanisme met l’homme au centre du monde. » (Documents Episcopat N°9/2013)
Dans cette domination, l’homme en vient parfois à « ne tolérer rien ni personne au-dessus de lui » (Rémi BRAGUE).

Penser un nouvel homme devenu l'oeuvre de lui-même

Dans cette orientation, le transhumanisme, tel que ses promoteurs nous le proposent, semble vouloir s’affranchir définitivement de toute transcendance. Il suggère une nouvelle étape pour l’humanité qui permettrait à l’homme de transcender sa finitude. « La science n’a plus alors comme finalité la réparation d’un homme fragile, mais elle a comme objectif de le modifier dans sa nature même… Les transhumanistes veulent penser un nouvel homme devenu l’œuvre de lui-même, l’outil et l’agent de sa propre transformation. » (Documents Episcopat) Ce désir est révélateur à la fois de la souffrance de l’homme et de son aspiration à devenir plus grand, à devenir plus grand que Dieu.

Le courant transhumaniste veut « penser la transformation de l’homme par les techniques comme une évolution qui positiverait les questions humaines en évitant tout ce qui peut être indésirable comme, par exemple, la maladie, mais aussi la tristesse. » (D.E.)

Ce courant transhumaniste n’est pas nouveau. On l’a vu apparaître il y a 50 ans, avec le progrès des techniques qui permettent d’améliorer la santé de l’homme, la connaissance de son fonctionnement et la miniaturisation des techniques.

A ses débuts, le transhumanisme n’augmentait pas l’homme, il le réparait, il lui proposait des prothèses de plus en plus performantes. C’est par exemple le cas d’un bras articulé qui permet de serrer très fort, peut-être plus fort qu’un bras de chair, d’une implantation de cœur artificiel…

Il prend aujourd’hui une autre dimension, car il veut changer les règles de la vie. Ce qui était un passage obligé, on pourrait dire dans l’ordre naturel des choses, devient une option : pour faire naître un enfant, il fallait la rencontre charnelle d’un homme et d’une femme et un temps de gestation à l’intérieur de l’utérus de la mère. Aujourd’hui, par la fécondation in vitro, cette rencontre n’est plus indispensable et l’on peut même faire porter l’enfant par une autre femme que la mère. Par ailleurs certains rêvent d’un utérus artificiel pour éviter à la femme d’être enceinte.

Le transhumanisme a donc pour ambition de repenser la création en l’améliorant, une création qui serait mal pensée par le Créateur, auquel il n’adhère pas.

Vouloir supprimer la souffrance : une utopie ?

On a tout lieu de se réjouir que les progrès scientifiques permettent de vivre mieux. La souffrance n’est pas un bien et c’est à l’honneur de l’homme de vouloir la supprimer.
Mais vouloir penser un homme nouveau, meilleur dans sa nature même, devenu œuvre de lui-même, peut sembler illusoire. Le courant transhumaniste semble oublier que l’homme ne part pas de rien. Dans sa folie démiurgique, il n’accepte pas que cette vie, qu’il veut modifier, soit une vie reçue, d’abord de ses parents, et initialement du Créateur.

La technique peut-elle apaiser toute souffrance ? Elle peut calmer un mal de tête, améliorer la vue par une opération de la cataracte, augmenter la résistance physique par une meilleure alimentation… Mais n’y a-t-il pas au plus profond de l’homme une aspiration qui n’est jamais apaisé ? Cette quête spirituelle est-elle le produit de nos gênes, de nos enzymes, de notre environnement ?
N’est-il pas utopique de vouloir supprimer toute souffrance, toute tristesse ? Pourrons-nous encore ressentir de la joie, si nous ne connaissons plus la tristesse ? S’il n’y a plus de maladie, comment saurons-nous que nous sommes en bonne santé ?
Ne créerait-on pas un monde sans sentiments, sans affection, sans amour ? Nous constatons combien nos faiblesses, que nous n’aimons pourtant pas, sont créatrices de relations. Nous allons vers les autres, parce qu’ils ont besoin de nous et que nous avons besoin d’eux. Cela crée des échanges entre les hommes.
Irait-on jusqu’à remplacer un organe sain par un organe plus performant ? L’homme est une construction très délicate, à manipuler avec précaution. C’est une mécanique de précision. En touchant à une fonction, on risque de déséquilibrer durablement l’ensemble.

La manipulation sur une personne pour en faire une autre est une volonté de maîtrise prométhéenne sur la vie. L’homme ne veut plus se recevoir, mais il veut se construire lui-même.
L’humanité a connu des progrès fantastiques depuis un siècle et nous nous en réjouissons. Nous pouvons voyager rapidement, nous n’avons plus à faire la vaisselle… Nous ne voudrions pas revenir en arrière. Nous espérons même que ces progrès continueront.

Mais pouvons-nous pour autant dire que l’homme est plus heureux ? Deux notions sont à distinguer pour bien comprendre les choses : celle du bonheur qui est reliée à une quête spirituelle et celle d’être content, qui est reliée à la satisfaction d’un désir temporel.

Notre désir est souvent changeant, mais ce n’est pas forcément négatif, car cela nous pousse en avant. L’homme est dans une quête incessante d’amélioration. En cela il ne fait que répondre au désir du Créateur : « Remplissez la terre et soumettez-la. »

En forçant le trait, on pourrait dire que l’on crée des angoisses sur les populations autour d’un sujet qui n’existe pas.
Les chercheurs nous font rêver, parce qu’ils rêvent eux-mêmes. Il y a une excitation, dans la recherche, à trouver quelque chose d’original. Il y a aussi, très puissant, le désir, conscient ou non, de la transgression. On oublie parfois que c’est l’homme sur lequel on travaille.

Le transhumanisme : à quelles fins ? par quels moyens ?

Imaginons l’avenir de l’homme aux mains des transhumanistes, du moins tels qu’on nous les présente aujourd’hui :

  • L’homme deviendra-t-il un mélange d’électronique et de biologie, un être électrobiogénique, comme un logiciel que l’on améliorera sans cesse par de nouvelles versions ? Subira-t-il l’obsolescence de toute innovation technique ? Faudra-t-il donc le modifier en permanence pour suivre les progrès ? Il sera alors périmé avant même d’exister.
  • Les améliorations recherchées, le seront-elles en fonction de besoins : l’homme deviendra-t-il un outil adapté à telle production sociale ?
  • Certains scientifiques nous font envisager pour bientôt un homme immortel. S’il devient immortel, continuera-t-il à avoir des enfants ? A quel stade de son évolution s’arrêtera-t-il ? La mort nous fait peur, mais souhaitons-nous vraiment que notre vie terrestre ne s’arrête jamais ? Que ferions-nous de cette vie, où nous n’aurions plus de désirs, plus d’affects, plus rien à faire puisque nous serions éternellement jeunes, beaux, en forme, auto-suffisants ? Cela deviendrait vite insupportable et nous demanderions à mourir.

Le transhumanisme, est-ce vouloir franchir l’interdit formel de tendre la main vers l’arbre de Vie, l’arbre de l’immortalité ?
Si le transhumanisme s’imagine que le bonheur réside seulement dans la maîtrise, la puissance, est-il encore humain ? L’homme n’est pas un extrême, c’est un équilibre.
Enfin, on ne peut négliger l’aspect financier de la question. Transformer l’homme, si on y arrive, sera réservé à quelques personnes très privilégiées. Avons-nous vraiment envie de ce monde-là : des hommes superpuissants qui domineront une armée d’esclaves ?

Sans refuser le progrès, en y contribuant même dans la mesure de nos moyens, rêvons aussi de nous accepter tels que nous sommes, qui que nous soyons. C’est sans doute le plus difficile, mais ce rêve-là est à la portée de tous.

La vie est un don reçu. Nous semblons souvent insatisfaits de ce cadeau, au lieu de nous en émerveiller. Ce sentiment de frustration nous entrave pour donner à notre tour notre vie aux autres, pour leur bonheur et notre propre bonheur.

Nous laissons le dernier mot au Pape François :
« Nous ne pouvons pas avoir une spiritualité qui oublie le Dieu tout-puissant et créateur. Autrement, nous finirions par adorer d’autres pouvoirs du monde, ou bien nous prendrions la place du Seigneur au point de prétendre piétiner la réalité créée par lui, sans connaître de limite. La meilleure manière de mettre l’être humain à sa place, et de mettre fin à ses prétentions d’être un dominateur absolu de la terre, c’est de proposer la figure d’un Père créateur et unique maître du monde, parce qu’autrement l’être humain aura toujours tendance à vouloir imposer à la réalité ses propres lois et intérêts. » (N° 75 Laudato si)
« Pour la tradition judéo-chrétienne, dire création, c’est signifier plus que nature, parce qu’il y a un rapport avec un projet de l’amour de Dieu dans lequel chaque créature a une valeur et une signification. La nature s’entend d’habitude comme un système qui s’analyse, se comprend et se gère, mais la création peut seulement être comprise comme un don qui surgit de la main ouverte du Père de tous, comme une réalité illuminée par l’amour qui nous appelle à une communion universelle. » (N° 76 Laudato Si)

Souhaitons aux transhumanistes de s’inspirer de cette encyclique, afin de remettre l’homme à sa juste place de créature !

Si le transhumanisme se libérait de son rêve de puissance, de sa volonté d’être supérieur à Dieu, afin de rendre service à toute l’humanité, il pourra alors être d’un grand bénéfice pour elle, à condition toutefois de respecter la liberté de chaque homme.
N’est-ce pas le transhumanisme auquel nous aspirons ?

La France championne d’Europe de la fécondité mais jusqu’à quand ?

L’Institut national de la statistique et des études économiques tente de mesurer l’impact de la crise économique sur les naissances et observe que celles-ci ont « récemment baissé » dans les pays les plus durement frappés […], l’Espagne, la Grèce et le Portugal. Cette baisse résulte notamment du report des projets de parentalité : l’âge de la première maternité y a augmenté plus rapidement qu’auparavant.

La France semble faire figure d’exception avec 1,99 enfant par femme. Elle est le seul pays d’Europe à avoir une fécondité stable et élevée depuis 2006 et semble insensible à la crise
Mais cette exception française est peut être sur le point de toucher à sa fin. Le nombre de naissances est en chute de 2,75% depuis début 2015 par rapport à l’année dernière.

naissance insee nov2015

Selon les démographes, il faut se méfier des données brutes et les variations d’une année et d’un mois sur l’autre ne sont pas toujours semblables. Il y a moins de naissances pour l’instant en 2015, mais on ne peut pas en tirer des conclusions sans attendre la fin de l’année et sans les avoir analysées.

La CNAFC n’est cependant pas surprise de cette baisse qu’elle estime intimement liée à l’instabilité et à l’appauvrissement de la politique familiale. Ainsi coup sur coup ont été adoptés deux abaissements du plafond du quotient familial, la fiscalisation des majorations familiales de retraites et la mise sous condition de ressources des allocations familiales. Ces mesures s’inscrivent de surcroît dans une situation très dégradé de l'emploi en France, au point que la pauvreté, selon le récent rapport du Secours Catholique, touche toujours plus les jeunes, les plus de 50 ans et les diplômés.

Plus largement, les récentes évolutions du congé parental et le nombre toujours très insuffisant de places en crèche rendent encore le contexte moins favorable à la natalité, affectant les finances comme le moral des familles.

Actualités des familles La Croix