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Quand parler d’éducation affective et sexuelle avec nos enfants ?

L’éducation affective et sexuelle (EAS) est dans une continuité depuis tout petit jusqu’à.... la préparation au mariage. Ce n’est pas une annonce à ne faire qu'une seule fois « Ouf, j’ai fait mon devoir de parent, raconté l’histoire de la petite graine et c’est tout bon ! Mission accomplie, terminé ! ».

Non, pas du tout ! Cela s’inscrit dans une longue histoire.

Cela commence avec la manière de toucher, de câliner – on appelle cela le maternage – le tout petit, la manière de prendre soin de son corps, de le tenir, de faire sa toilette, de le soigner.
En grandissant, le petit s’autonomise, apprend à se débrouiller seul pour la propreté. Cet apprentissage se vit avec des enjeux forts dans la relation à la mère, mais aussi dans les messages qu’il reçoit autour de son corps selon si les parents sont détendus, patients et confiants ou, au contraire, stressés voire rigides. Même chose autour de l’alimentation qui allie relation à la mère, le plus souvent, place du corps, plaisir...

Peu à peu, avec le langage, des questions arrivent autour du corps, souvent par comparaison avec le sexe opposé. « Pourquoi il a un zizi/ pourquoi elle n’en a pas... »
On répond ainsi aux questions au fil du temps et des circonstances. Sans insister. Sans laisser passer non plus. En relevant un mot, un sujet, si besoin.
Ou alors, si ce n’est pas le moment, on dit à l’enfant « j’ai bien entendu ta question/ ta remarque, je te réponds plus tard ». On parle à chacun sur un mode personnel. C’est nous qui avons du mal ou sommes gênés. Les enfants perçoivent que c’est un sujet important et grave mais si rien ne les a perturbés jusque-là, ils ne sont pas gênés.

En tout état de cause, il faudra parler plutôt trop tôt que trop tard et plutôt trop tard que jamais.

Dans la mesure du possible, nous devons être les premiers qui parlent à nos enfants. Ce que nous leur transmettrons posera des bases solides et bien saines qui leur permettront de se protéger ultérieurement de discours ou d’images malsains. La parole de papa, de maman a force de loi. Elle est LA vérité. N’attendons pas pour leur donner le meilleur. Ne nous laissons pas court-circuiter par d’autres.

Se servir des occasions positives : questions sur la différence sexuelle, l’annonce d’une grossesse, d’une naissance, cours de SVT, observation de la vie animale etc... comme des occasions négatives : cours de SVT, paroles déplacées, grossièreté à caractère sexuel, remarque sexiste, images pornographiques, découverte de l’avortement, de l’homosexualité....
Bref, intégrer l’EAS au fil de la vie de famille.

Continuer à l’adolescence. Ne pas parler au « je », ni au « tu », c'est-à-dire ne pas s’impliquer ni impliquer l’adolescent, mais se servir de toutes les circonstances de la vie qui nous entourent dans les relations, la vie familiale ou dans les films que nous pouvons voir en famille.
Etre davantage dans le questionnement qui aide à mettre en perspective, à réfléchir. Cela aidera davantage le jeune à faire siennes les réponses.

Attention aussi au discours actuel qui dit que les parents peuvent parler à leurs enfants tout petits mais ne peuvent et ne doivent plus parler au-delà de la puberté au prétexte d’immixtion dans leur vie intime. On leur dit (psys, médecins, sachants....) « Vous êtes les plus mal placés ». Nous récusons fortement cette démission d’office des parents sur ce sujet essentiel !

On confond dialogue parents-enfants avec implication pseudo incestueuse dans la vie sexuelle de chaque génération. Parler de tiers, parler au « il » permet de continuer notre travail de transmission et d’éducation sur ce sujet central pour leur bonheur futur sans implication personnelle.

Ce dialogue devient au fil du temps une réflexion et un échange de plus en plus profond sur la vie de couple, la conjugalité, l’engagement, le mariage, le choix, la vocation, l’attention aux « appels », l’accueil de la vie, la paternité-maternité responsables. L’EAS « achevée » prépare à la vie de couple, prépare au mariage futur de nos enfants ou au choix libre d'une autre vocation.

On ne se prépare pas au mariage 6 mois avant la date choisie, il s’agit d’un long accompagnement éducatif à travers l’enfance et l’adolescence. Gardons cet objectif bien en perspective !

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Pourquoi parler d’éducation affective et sexuelle ?

L’éducation affective et sexuelle, ou EAS, n’est pas un sujet parmi d’autres au milieu de la trigonométrie ou des règles de grammaire, même si nous sommes persuadés que ce sujet nous échoie, nous n’en voyons pas toujours l’urgence où l’importance et les multiples conséquences dans la vie et l’avenir de nos enfants.

Ou bien encore, nous en voyons l’urgence sous l’angle de la méfiance et de la protection contre un monde qui nous parait agressif, qui nous assiègerait et dont nous voulons protéger nos enfants. Cela ne constitue pas une base suffisante pour ce que nous avons à leur transmettre. Nous prendirons le risque que nos enfants retiennent seulement de nos messages que leurs parents ne sont pas à l’aise, qu’ils ont peur ou que ce sujet est sale ou dangereux.

Ce sujet est essentiel car c’est - en partie - à partir de ce que nous leurs transmettrons que nos enfants pourront aborder la vie amoureuse, la vie de couple, le mariage, la vie de famille.... Ce sera à eux d’apporter les matériaux et de construire leur maison, mais nous leur transmettrons en grande partie le plan !

Nous devons d’abord répondre à des questions de nature existentielle plutôt que de nature morale. Nous aurons à répondre à des questions morales, mais pas en premier.

D’où je viens ?

La première question est celle de l’origine : « D’où je viens ? » « Comment je suis arrivé là ? » qui se pose le plus souvent sous la forme « Racontez-moi quand je suis né, comment vous avez choisi mon nom, su que j’étais un garçon/une fille ?... »
Ce sujet est passionnant pour les enfants, peu de sujets l’intéressent autant. A travers ces questions autour de l’origine de leurs vies, à travers ces « pourquoi » il y a l’amour qui a présidé à leur venue au monde. Dans tout ce que nous leur dirons autour de ce sujet, nous devons leur permettre de comprendre le « pourquoi ? ».

Les enfants sont des chercheurs de sens, si nous répondons à côté, avec gêne, avec des interdits ou en éludant, ils iront chercher ailleurs.

Nous devons leur permettre de comprendre avec leur intelligence ! Et nous nous adresserons en même temps à leur cœur (le « sens ») en leur montrant que leur vie est le fruit de l’amour de leurs parents et de la Providence.... non du hasard. C’est l’histoire merveilleuse de leur propre vie que nous leur racontons. Nous leur parlons d’eux-mêmes, de leurs propres raisons d’être.

Où je vais ?

La seconde question est « Où je vais ? ». Quel est ce chemin de ma vie que j’entrevois et qui m’invite à devenir un homme fort et sûr comme papa ou une femme jolie et tendre, comme maman ? Quelles sont les balises de ce chemin ? Est-il sûr ? Puis-je m’y aventurer en confiance ? Est-ce un chemin de bonheur ? Comment unifier ce que j’ai reçu (un corps de garçon ou de fille) et ce que je suis appelé à être (un homme ou une femme). Il y a là un grand champ éducatif pour nous, parents. Nous y reviendrons.

Donc, les questions de l’origine et de l’avenir : il faut d'abord répondre aux questions existentielles.

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Répondre à notre enquête : Quelle éducation affective et sexuelle pour nos enfants ?

Quelle éducation affective et sexuelle pour nos enfants ?

La sexualité s'affiche partout. Les enfants sont confrontés à un éveil précoce de leur compréhension de l'amour et de la vie. Et pourtant, devenus adultes, de plus en plus apparaissent fragilisés dans leur capacité à s'engager dans une relation conjugale fidèle et durable.

Une question apparaît, prioritaire pour le bonheur de nos enfants et petits-enfants : notre mobilisation pour promouvoir la famille peut-elle faire l'impasse de l'éducation affective et sexuelle ?

Cette question vous est posée dans une enquête lancée auprès des donateurs et adhérents des AFC qui a déjà reçu plus de 600 réponses. Vous aussi, répondez à notre enquête maintenant ! Ou soutenez l'action de la Confédération des AFC par un don.

 

Si vous ne voyez pas le formulaire ci-dessous, vous pouvez y accéder par ce lien

Téléthon 2015 - A quand la possibilité de choisir une destination éthique de ses dons ?

Fotolia enfance handicapCommuniqué de presse

Le Téléthon est chaque année une manifestation de générosité encourageante pour laquelle de très nombreux Français se mobilisent afin de lutter contre les maladies neuromusculaires telles que la myopathie. Depuis 1987, les fonds récoltés ont notamment contribué à faire progresser la recherche génétique mais aussi à apporter de nombreuses aides aux familles et aux malades qui vivent, au quotidien, avec un lourd handicap évolutif.

Tout en saluant les progrès accomplis, les AFC rappellent cependant l’importance de la transparence vis-à-vis des familles, des malades et des Français.

Elles tiennent à souligner que les enfants nés sains, présentés par l’AFM-Théléton comme un ‘espoir’ et comme ‘la vie qui reprend le dessus’ sont en réalité issus d’un processus de sélection embryonnaire suite au diagnostic préimplantatoire et que leurs embryons frères et sœurs handicapés ont, eux, été éliminés.

Elles encouragent en conséquence les chercheurs à quitter cette voie eugéniste et à orienter leurs recherches exclusivement vers la guérison, notamment de la myopathie, par des thérapies géniques ou cellulaires, une chirurgie du gène, de médicaments, etc.

Les AFC réitèrent par ailleurs leur demande pour que les donateurs du Téléthon aient la possibilité de choisir les programmes de recherche qu’ils désirent soutenir, en toute connaissance de cause.

Préoccupées chaque année par la destination des dons du Téléthon, compte tenu en particulier de la masse des moyens financiers consacrés à la recherche sur les embryons, les AFC poursuivent inlassablement leurs actions dans le domaine éthique à l’heure où la question de la dignité de la personne humaine est au cœur de l’actualité.

L’écologie de l’homme : nouvelle approche politique pour les familles ?

Photos de famille dans la natureQu’est-ce que l’écologie de l’homme ?

Le courant écologique est né en Allemagne à la fin du 19eme où ce terme d’ « écologie » a été fabriqué. Il vient d’Oïkos (maison) et Logos (science), c’est donc la « science de la maison ». On retrouve le terme du Pape François qui nous parle de « Maison commune » dans son encyclique. Le sous-titre : « Sur la sauvegarde de la maison commune ».

On parle en général d’écologie humaine, en particulier suite au lancement de ce courant par Tugdual Derville et Pierre-Yves Gomez. Les AFC, elles, ont l’habitude de parler d’écologie de l’homme pour une question.... simplement sémantique ! Nous voulons signifier que ce n’est pas l’écologie qui est humaine mais que l’écologie s’applique à l’homme. Il s’agit d’une écologie pour l’homme, pour prendre soin de l’homme.

De quoi parlons-nous ?

Quand nous parlons d’écologie de l’homme, nous parlons à la fois d’anthropologie (qu’est-ce que l’homme ? quelle est sa destinée ? Quel est le sens de sa vie ? Qu’est-ce que l’Homme, homme et femme ? Qu’est-ce qui les lie ? Quel est le sens de la procréation ?....) mais aussi de morale (l’ensemble des règles qui font qu’une action humaine est juste....)
Mais... écoutons ce que nous dit le Pape François dans Laudato si ’ : « Les réflexions théologiques ou philosophiques sur la situation de l’humanité et du monde, peuvent apparaitre un message répétitif et abstrait, si elles ne se présentent pas de nouveau à partir d’une confrontation avec le contexte actuel, en ce qu’il a d’inédit pour l’histoire de l’humanité. » (17)

Peut-être y a-t-il là une critique discrète du discours chrétien dans le monde actuel et sans doute un éclairage sur la marque originale de notre Pape.
Plus loin, il dit aussi et à deux reprises : « La réalité est supérieure à l’idée »(201), en citant la joie de l’Evangile.

Peut-être avons-nous eu un peu trop tendance à ressasser en étant auto-référents à notre pensée et en ne voyant pas que notre monde bouge et que peu à peu nous nous éloignons de ses préoccupations réelles. La voix des chrétiens n’est plus audible, voire est un repoussoir, si elle se réfère à sa pensée seule sur le mode « nous l’avons toujours dit ».

On nous reproche régulièrement aux AFC de ne pas suffisamment brandir notre bannière, mais quelle audience pourrions-nous avoir si nous allions voir Laurence Rossignol en justifiant notre opposition à la facilitation du divorce, par exemple, par l’Enseignement de l’Eglise ?
Nous devons donc faire l’effort de nous ancrer dans la réalité telle qu’elle se présente, de la connaitre et même de l’aimer. Le Pape François nous dit : « Le monde est plus qu’un problème à résoudre, il est un mystère joyeux que nous contemplons dans la joie et dans la louange. » Nous sommes invités à aimer profondément ce monde et aussi à apprendre à nos enfants à l’aimer.

La réalité regardée sans ciller ne devrait pas faire de nous des Misanthropes ou un camp retranché gaulois qui « résiste encore et toujours à l’envahisseur » tout en ayant une conscience aigüe de sa supériorité. La réalité nous permet de rejoindre le monde, de le comprendre, de dialoguer et de nous en sentir co-responsables. C’est sans doute là que réside une nouvelle approche politique, non surplombante ou distanciée.

Parler d’écologie de l’homme, appelle à prendre soin de l’Homme tel qu’il est aujourd’hui, dans le contexte actuel et non dans un monde rêvé qui servirait de refuge facile, un Eden du passé qui n’a sans doute jamais existé. L’Histoire ne s’écoule jamais que dans un sens et notre riche culture chrétienne doit nous servir à inventer les solutions pour aujourd’hui.

Donc : regarder le donné, le réel tel qu’il se présente, observer et comprendre. Revenir au corps, à la nature. Admirer et rendre grâce. Inventer du tout neuf pour aujourd’hui et demain. Nous allons travailler dans ce sens pendant ces deux jours.

Quelle est notre boussole, aux AFC ?

Nous nous enracinons dans l’enseignement social de l’Eglise, la « DSE ».
Il s’agit d’une riche compilation du Magistère de notre Eglise. Si la Révélation s’arrête avec la mort du dernier apôtre, le Magistère de l’Eglise, lui, ne cesse de s’approfondir, c’est-à-dire de tirer toujours du neuf de l’Ecriture et de la Tradition.

La DSE est l’ensemble des enseignements de l’Eglise, « experte en humanité », qui ont trait à l’organisation sociale. Elle s’adresse prioritairement aux laïcs à qui incombe cet engagement dans la cité. Pour nous, c’est notre boussole qui nous évite.... de réinventer l’eau tiède.... en moins bien chaque fois qu’une nouvelle question se pose.

Un certain nombre de principes de la DSE nous sont bien connus : le Bien Commun, la subsidiarité, la destination universelle des biens, la famille, cellule vitale de la société, les parents, premiers et principaux éducateurs etc... Le Compendium fait plus de 500 pages et est d’une grande richesse à découvrir ou redécouvrir. Il y manque néanmoins la dernière encyclique qui est résolument une encyclique à caractère social. Le Pape François le dit dès les premières lignes : « Cette lettre encyclique s’ajoute au Magistère de l’Eglise ».

Son approche n’est pas de parler de morale sous couvert d’écologie. Il en parle tout au long de la Création. Néanmoins il n’élude pas la question de l’Homme et de l’écologie de l’Homme. L’Homme n’est pas à part ou une catégorie de l’écologie ou même au-dessus. Il montre tout au long que « tout est lié ». Il le répète même à de nombreuses reprises :
Il cite Benoit XVI et montre le lien entre les réalités environnementales et humaines : « Le livre de la nature est unique et indivisible » et inclut entre autres, l’environnement, la vie, la sexualité, la famille et les relations sociales. « Environnement social et naturel ont leurs blessures qui sont dues au même mal, l’idée qu’il n’existe pas de vérités indiscutables qui guident nos vies et donc que la liberté humaine n’a pas de limites. » (Introduction)

Et plus loin : « Ainsi, il devient manifeste que la dégradation de l’environnement comme la dégradation humaine et éthique sont intimement liées. » (56)
Et aussi : « Quand on ne reconnaît pas, dans la réalité même, la valeur d’un pauvre, d’un embryon humain, d’une personne vivant une situation de handicap – pour prendre seulement quelques exemples – on écoutera difficilement les cris de la nature elle-même. Tout est lié. » (117)
Et encore : «Puisque tout est lié, la défense de la nature n’est pas compatible non plus avec la justification de l’avortement .» (120)

Que dit François dans Laudato si’ ?

Le troisième chapitre est consacré à « La racine humaine de la crise écologique ». Le Pape y dénonce la « globalisation du paradigme technocratique »
Il l’explique : Jusqu’à présent, il s’agissait de recevoir ce que donnait la nature comme en tendant la main, mais à présent la main de l’homme s’impose à la Création pour en « presser » les biens au-delà des limites. (106)
Cela s’applique exactement à la bioéthique où l’homme devrait à présent s’imposer spontanément des limites à ce qu’il est capable de faire. Je ne dois pas faire tout ce que je peux faire.
Ce paradigme s’étend aussi à la culture, à l’économie et à la politique.

Que dit-il de nouveau par rapport aux enseignements des papes précédents ?
Il dit trois choses :
- L’angle d’approche est celui de la réalité comme nous l’avons vu. Il ne part pas de l’Ecriture et de la révélation mais du donné observable. Cela rend son discours universel, adressé à tous (Ségolène Royal, Nicolas Hulot….). Par exemple, la DSE part de l’eau « don de Dieu » et doit pour cette raison être partagée. Il part de l’eau potable indispensable à la vie et dont les plus pauvres sont privés.
- Il relie très fortement approche écologique et approche sociale pour relier « la clameur de la terre et la clameur des pauvres »
- Il n’appelle pas à ce que tous puissent intégrer le modèle actuel mais il appelle à un changement de modèle de développement.

En effet, pour répondre, le Pape appelle à une « conversion écologique », à une « écologie intégrale » il propose de vivre selon un modèle « d’heureuse sobriété » par rapport à la société de consommation. Une petite phrase (194) dit toute son intention : « Il s’agit simplement de redéfinir le progrès ». Il appelle à une décroissance dans certaines parties du monde. « Si nous reconnaissons la valeur et la fragilité de la nature, et en même temps les capacités que le Créateur nous a octroyées, cela nous permet d’en finir aujourd’hui avec le mythe moderne du progrès matériel sans limite. Un monde fragile, avec un être humain à qui Dieu en confie le soin, interpelle notre intelligence pour reconnaître comment nous devrions orienter, cultiver et limiter notre pouvoir. » (78)


17. Les réflexions théologiques ou philosophiques sur la situation de l’humanité et du monde, peuvent apparaitre comme un message répétitif et abstrait, si elles ne se présentent pas de nouveau à partir d’une confrontation avec le contexte actuel, en ce qu’il a d’inédit pour l’histoire de l’humanité. Pas d’écosystème circulaire dans l’industrie comme dans la nature.

56. Ainsi, il devient manifeste que la dégradation de l’environnement comme la dégradation humaine et éthique sont intimement liées. Beaucoup diront qu’ils n’ont pas conscience de réaliser des actions immorales, parce que la distraction constante nous ôte le courage de nous rendre compte de la réalité d’un monde limité et fini.

78. Si nous reconnaissons la valeur et la fragilité de la nature, et en même temps les capacités que le Créateur nous a octroyées, cela nous permet d’en finir aujourd’hui avec le mythe moderne du progrès matériel sans limite. Un monde fragile, avec un être humain à qui Dieu en confie le soin, interpelle notre intelligence pour reconnaître comment nous devrions orienter, cultiver et limiter notre pouvoir.

117. Quand on ne reconnaît pas, dans la réalité même, la valeur d’un pauvre, d’un embryon humain, d’une personne vivant une situation de handicap – pour prendre seulement quelques exemples – on écoutera difficilement les cris de la nature elle-même. Tout est lié. Si l’être humain se déclare autonome par rapport à la réalité et qu’il se pose en dominateur absolu, la base même de son existence s’écroule, parce qu’« au lieu de remplir son rôle de collaborateur de Dieu dans l’œuvre de la création, l’homme se substitue à Dieu et ainsi finit par provoquer la révolte de la nature ». (Centesimus annus)

120. Puisque tout est lié, la défense de la nature n’est pas compatible non plus avec la justification de l’avortement. Un chemin éducatif pour accueillir les personnes faibles de notre entourage, qui parfois dérangent et sont inopportunes, ne semble pas praticable si l’on ne protège pas l’embryon humain, même si sa venue cause de la gêne et des difficultés : « Si la sensibilité personnelle et sociale à l’accueil d’une nouvelle vie se perd, alors d’autres formes d’accueil utiles à la vie sociale se dessèchent ». [97] (Caritas in veritate)

194. Pour que surgissent de nouveaux modèles de progrès nous devons « convertir le modèle de développement global»,[136] ce qui implique de réfléchir de manière responsable « sur le sens de l’économie et de ses objectifs, pour en corriger les dysfonctionnements et les déséquilibres ».[137] Il ne suffit pas de concilier, en un juste milieu, la protection de la nature et le profit financier, ou la préservation de l’environnement et le progrès. Sur ces questions, les justes milieux retardent seulement un peu l’effondrement. Il s’agit simplement de redéfinir le progrès

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