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Demographie-conditions de vie

Avez-vous des enfants ? Si oui, combien ?

La réponse à cette question constitue un des chapitres du Portrait social 2011 de la France que l’INSEE vient de publier.

Pas de grande surprise à la lecture de ces pages particulièrement bien renseignées, mais un certain nombre d’informations utiles à la réflexion au moment où le Gouvernement travaille au projet de loi famille, où les familles avec enfants sont mises à contribution par la politique fiscale…

Constat que, en 2011, plus d’un homme sur cinq nés entre 1961 et 1965 n’a pas d’enfant, les auteurs expliquent que « le fait de n’avoir jamais vécu en couple est le déterminant principal de l’infécondité : près d’un homme sans enfant sur deux n’a jamais vécu en couple ».  Peut-on alors affirmer avec assurance, comme le font nombre d’experts, que c’est l’enfant qui fonde la famille ? L’hypothèse est, en tout cas intéressante et à mettre en regard d’un autre constat : celui de l’augmentation des couples sans enfants. A ce niveau, les chercheurs explique que « la hausse de la part de couples sans enfant dans ces générations d’hommes et de femmes pourrait traduire un refus de la parentalité plus fréquent que dans les générations précédentes, car rendu réalisable par un nouvel environnement sociétal et médical ». Là encore, rien de vraiment nouveau, mais la confirmation d’un état social d’infécondabilité, du lien, dans ce contexte, entre diffusion de la contraception et avortement, du décalage dans le temps des maternités… Il leur semble cependant possible de répondre plutôt négativement à la question de savoir si l’infécondité continuera de progresser.

Autre transformation confirmée : la réduction du nombre des familles nombreuses (ainsi, pour les femmes nées en 1961-1965 la part de celles mères de 4 enfants et plus est passée sous la part des 10% alors qu’elle était de plus de 20 % pour celles nées 30 ans plus tôt ; la baisse suit une pente analogue pour les hommes).

Enfin, les auteurs observent que les différences de fécondité se réduisent à la fois entre non-diplômés et diplômés et entre catégories sociales. Pour le premier constat, ils relèvent une limite à l’exercice qui est que la population concernée a évolué avec l’augmentation générale du niveau des diplômes ce que peut venir affiner le second constat. Reste que « malgré leur réduction, les écarts restent élevés : en 2011, parmi les femmes nées entre 1961 et 1965, les mères sans diplôme ont eu en moyenne 2,74 enfants au cours de leur vie contre 2,17 pour les mères titulaires du bac ou d’un diplôme supérieur ». Un tel constat, même si la tendance peut être au rapprochement entre ces courbes posent évidemment plusieurs questions : celle de la persistance dans le temps du dynamisme démographique et, partant, celle de ces conditions. La cohérence dans le temps de la politique familiale n’y est pas pour rien. Elle semble bien malmenée depuis plusieurs années posant la question de la capacité de répondre aux besoins et inquiétudes des familles.

Quelle réponse politique aux aspirations des jeunes en matière de famille ?

Famille avec 3 enfantsAujourd’hui, de nombreux jeunes âgés d’une vingtaine d’années aspirent à fonder une famille. Ils semblent pourtant penser que ce n’est pas de leur âge. Comment comprendre ce paradoxe ?

La famille figure en effet, en très bonne, voire en première place parmi les sources de bonheur qu’ils reconnaissent. De la baisse du nombre des premiers mariages, que signale l’INSEE pour 2009, à des pratiques aussi insolites que les mariages sponsorisés, de nombreux indices laissent même penser que la famille fondée sur le mariage a de la saveur pour ces jeunes. Pour eux, comme pour nombre de leurs contemporains, la famille est une « valeur » et elle a de la valeur : pour ce qu’elle est, même blessée, et pour ce qu’elle pourrait ou devrait être.

Pourtant, ces aspirations à fonder une famille entrent en tension avec une forme de réticence, une hésitation à poser ce choix et conduit à en retarder la réalisation.

A n’en pas douter, cela révèle un manque de confiance et un enjeu politique car des familles qui se fondent, et des familles fondées sur le roc, sont des bases solides pour la société. Les pouvoirs publics peuvent-ils intervenir pour créer des conditions favorables à ce choix ? Que peuvent-ils faire dans un contexte où tout se passe comme si l’individu était dissuadé de s’engager dans des choses « réelles » comme le travail, la politique, la famille… avant un certain âge ?

Il ne s’agit pas tant d’inciter à fonder une famille ; certains s’y sont essayés et cela n’a conduit qu’à l’avènement de «familles d’Etat ». Il convient plutôt de faciliter la mise en œuvre d’un vrai choix personnel en identifiant les freins qui pèsent sur ce choix pour, ensuite, trouver les moyens de les lever.

Ces freins sont nombreux. Sur le plan matériel, les difficultés d’emploi, de logement (réelles ou supposées, craintes dans tous les cas) s’ajoutent aux incertitudes liées au coût des études des enfants, à la retraite… De son côté, la réflexion même sur le sens de ce choix, sur ce que va vivre la famille, fait plus de place au « quoi ?» (quel niveau de vie ? quelles épreuves ?...) qu’au « comment ?» (et d’abord que la famille va avec le vivre « ensemble »).

Des études sur la conjugalité, le taux de fécondité… éclairent les choix en matière familiale, mais aussi certaines de leurs conditions de réalisation. Elles montrent aussi combien la force des freins évoqués précédemment varie en fonction de l’âge et donc que les réponses attendues relèvent autant d’une politique familiale que d’une politique de la jeunesse.

C’est une piste sérieuse pour rendre justice aux aspirations de nos jeunes contemporains ! Inutile de dire qu’ils attendent des réponses audacieuses.

Moral des Français en berne

Moral des Français en berne75% : c’est la part des Français dont le moral est en forte baisse. Ce chiffre, révélé par le Baromètre de l'économie BVA,  atteste de la perte de confiance des Français quant à l’avenir de la situation économique en France. Cette baisse de moral est notée comme inquiétante, voire historique.

Emplois, dette et déficits publics, dépenses de l'État, impôts… autant de sujets qui préoccupent de manière croissante les Français.


Au moment où le « mariage pour tous », loin du consensus, fait encore l’objet de larges réserves et de débats, qu’en est-il des autres « promesses de campagne » du président de la République ?

Les promesses économiques ne mériteraient-elles pas la même ardeur et détermination ?

Cette réforme du mariage est-elle bien une priorité alors que les problèmes économiques ne sont plus à prouver et qu'ils préoccupent au premier plan les Français qui commencent à comprendre que le projet de Gouvernement pourrait bien n’être qu’un écran de fumée devant les vrais problèmes et la véritable urgence.

Actualités des familles La Croix