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LE SANG DE CORDON OMBILICAL

Les recherches sur le sang de cordon ombilical font naître beaucoup d’espoir et elles ne posent aucun problème éthique aujourd’hui. Le sang de cordon contient en effet de nombreuses cellules souches utilisables pour soigner en particulier des leucémies, des lymphomes, certaines maladies génétiques ou des déficiences immunitaires.

Le législateur a tranché en 2011 en se prononçant contre la privatisation du don, qui reste sous la responsabilité du Réseau Français du Sang Placentaire (RFSP) piloté par l'Agence de BioMédecine et l'Etablissement Français du Sang (EFS), mais il a ouvert la possibilité d'un don intrafamilial.

La loi du 7 juillet 2011 fixe les règles de ce prélèvement : « Le prélèvement de cellules hématopoïétiques du sang de cordon et du sang placentaire ainsi que de cellules du cordon et du placenta ne peut être effectué qu'à des fins scientifiques ou thérapeutiques, en vue d'un don anonyme et gratuit ; et à la condition que la femme, durant sa grossesse, ait donné son consentement par écrit au prélèvement et à l'utilisation de ces cellules. Par dérogation, le don peut être dédié à l'enfant né ou aux frères ou soeurs de cet enfant en cas de nécessité thérapeutique avérée et dûment justifiée lors du prélèvement. »


Le prélèvement du sang de cordon ne nécessite aucune autorisation administrative préalable puisque le cordon est considéré comme un déchet, seule une qualification technique est requise.
La difficulté se situe au niveau du stockage, car il y a encore trop peu de banques publiques de sang de cordon en France.
Pour répondre à nos besoins thérapeutiques, il faudrait collecter 50 000 sangs de cordon chaque année. Or la collecte reste encore très insuffisante. Les médecins français sont donc souvent obligés de se fournir dans des banques étrangères.

L’utilisation allogénique de ce sang, c’est-à-dire lorsque le donneur et le receveur sont des personnes distinctes, pose peu de problèmes de rejet.

Un autre usage est proposé : l’usage allogénique intrafamilial, pour les familles porteuses d’une maladie génétique. Les cordons des enfants naissant sains auraient une forte probabilité de pouvoir traiter les enfants atteints : ils sont donc particulièrement intéressants.

Devant l’insuffisance du nombre de banques publiques, des banques privées cherchent à faire évoluer la législation. Elles souhaitent pouvoir proposer aux familles de conserver le sang placentaire à usage autologue, c’est-à-dire pour l’enfant donneur du sang de cordon. Ce sang serait conservé pendant 20 ans, moyennant finances. Une proposition de loi allant en ce sens a suscité de vives réactions :
- Certains craignent la marchandisation de ce qui devrait rester un don.
- Une légalisation des banques commerciales remettrait en cause la non patrimonialité du corps humain
- Devant la pénurie de sang, il peut être choquant que certaines familles puissent conserver un sang autologue pour le jour hypothétique où elles pourraient en avoir besoin, alors qu’on en manque pour soigner de nombreuses pathologies.
- Les possibilités thérapeutiques avancées sont discutables en raison d’une très faible probabilité qu’il existe un jour un besoin pour une utilisation autologue de ce sang de cordon. Par exemple seules les greffes allogéniques sont efficaces pour traiter les leucémies. Ces opposants craignent que les compagnies privées fassent miroiter de faux espoirs aux parents, notamment celui d’une médecine réparatrice et régénératrice.

Devant la pénurie de greffons et devant l'intérêt de la recherche sur les cellules souches adultes du sang de cordon, qui représente une alternative à la recherche sur les cellules souches embryonnaires, la conservation de ce sang dans des banques publiques semble préférable.

Pourquoi garder pour soi ce qui peut guérir les autres ? La solidarité de ce don paraît essentielle.


 

 

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