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"L'enfant et les écrans" : Un Avis de l'Académie des sciences

Avec L'enfant et les écrans, l'Académie des sciences rend public un Avis, assorti de recommandations, sur les effets de l’utilisation des nouvelles technologies par les enfants.

 L'irruption de l'informatique dans le grand public "a des effets positifs considérables en améliorant tout à la fois l'acquisition des connaissances et des savoir-faire, mais aussi en contribuant à la formation de la pensée et à l'insertion sociale". "Néanmoins il est très vite apparue que l'utilisation souvent démesurée de toutes les modalités d'outils numériques... peut avoir des effets négatifs parfois sérieux".

En se situant dans une démarche de précaution, les académiciens aboutissent, après audition de psychologues, de spécialistes de la cognition et de psychiatres, à des recommandations concrètes pour chaque âge qui sont pondérées et intéressantes.

"De la même façon que les nouveaux aliments introduits dans l'histoire de l'humanité n'ont pas fait disparaître les anciens, mais ont contribué à la diversification de l'alimentation, les nouveaux objets technologiques ne doivent pas être pensés comme pouvant se substituer aux activités ludiques traditionnelles. Ils ne les remplacent pas mais s'y ajoutent". En fait, qu'il s'agisse de jouer ou de se cultiver, les écrans et le numérique ne doivent pas être rejetés ni prendre toute la place. Ils doivent compléter le jeu, la lecture et la culture. L'Académie des sciences préconise l'alternance à tout âge : jouet/console de jeux, télévision/livre, ordinateur/livre...

Les recommandations prennent en considération tous les âges de l'enfance, de la naissance à l'adolescence.

-         Avant même l’âge de 2 ans, toutes les études montrent que les écrans non interactifs (télévision, DVD) n'ont aucun effet positif. Les DVD commercialisés pour les bébés peuvent, au contraire, avoir des effets négatifs : prise de poids, retard de langage, déficit de concentration et d'attention...

En revanche, les tablettes tactiles peuvent contribuer, avec l'aide d'adultes, à l'éveil précoce au monde des écrans.  « Elles sont utiles au développement sensoriel et moteur du bébé, et cela d’autant plus si les parents en accompagnent l’usage. »

-         Chez les 2-6 ans, lorsque l’enfant fait l’apprentissage du dessin, s’amuse à imiter les adultes, certains jeux numériques lui apprennent à distinguer le réel et le virtuel. L’écran mobilise alors son intelligence visuelle, spatiale, narrative et la capacité à décider vite. Dès 4 ans, on peut pratiquer les jeux en société. À l’inverse, il faut éviter l’usage solitaire de l’écran. "Avant 6 ans, la possession d'une console ou d'une tablette personnelle présente plus d'inconvénients que d'avantages", soulignent les auteurs de l'avis.

-         L'école élémentaire est le meilleur lieu pour une première éducation à l’informatique. Une éducation précoce de l'enfant à l'autorégulation est essentielle. De l'avis de Serge Tisseron, mieux vaut fixer à l'enfant un temps donné d'écrans par jour, à charge pour lui de se responsabiliser.

En famille, les logiciels de contrôle parental installés sur l'ordinateur sont une protection nécessaire mais insuffisante. Le climat de confiance entre enfants et parents est essentiel.

L’Académie des sciences est formelle : « Une utilisation pédagogique des outils numériques, à l’école et à la maison, peut provoquer des progrès éducatifs importants. »

-         Chez l’adolescent, les écrans développent une intelligence déductive, des capacités de concentration et de contrôle des émotions. En revanche, un usage trop exclusif d'Internet peut créer une pensée "zapping", trop rapide, superficielle, et fluide, appauvrissant la mémoire et les capacités de synthèse personnelle et d'intériorité. L'apparition de somnolence et de difficultés de concentration, ainsi qu'une baisse des résultats scolaires doivent alerter les parents sur les usages nocturnes excessifs.

Etablir des règles claires sur le temps accordé aux écrans est indispensable. Parler avec l'adolescent de ce qu'il voit et fait sur les écrans l'aide à développer son sens critique. La maturation cérébrale n'étant pas achevée, l'éducation et le contrôle des parents sont essentiels.

 Les pères et mères, l'école doivent jouer un rôle pour apprendre et encourager les bonnes pratiques, poser des limites et accompagner l'apprentissage de l'outil numérique et de sa maîtrise car "une pratique pathologique appauvrit la vie alors qu'une pratique passionnelle l'enrichit". Les parents doivent surtout poser des limites quant au "temps d'écran" et l'école doit jouer un rôle éducatif dans l'apprentissage du droit à l'image et au droit à l'intimité : ne pas publier n'importe quoi n'importe comment sur Internet, ce qui s'apprend dès le plus jeune âge. Il s’agit de mettre en œuvre une véritable éducation au monde de l’image.

En conclusion de ce rapport, l'Académie des sciences encourage une utilisation encadrée des écrans, qui font partie de notre société en mutation et peuvent être des outils éducatifs formidables. "Livré seul aux écrans, il (l'enfant) dérivera dans la solitude, tandis qu'accompagné il en fera des usages nouveaux que la génération de ses parents n'imagine pas. Prudence lucide et émerveillement attentif sont, en fin de compte, les meilleurs services que nous puissions rendre à cet enfant du siècle nouveau".

Cet avis est publié aux éditions Le Pommier à partir du  29 janvier et consultable en ligne :

http://www.academie-sciences.fr/activite/rapport/avis0113.pdf

 

Le Monde a publié le 17 février 2013 un article de Michel Desmurget, directeur de recherche en neurosciences à l'Inserm ; Laurent Bègue, professeur de psychologie sociale et Bruno Harlé, pédopsychiatre réagissant à l'avis de l'académie des sciences intitulé « L'enfant et l'écran ».  Ils s'interrogent sur le soin apporté à la rédaction de ce travail au regard des données d'ensemble existant sur ce sujet et faites par des spécialistes du domaine :

 

12 questions à se poser sur les réseaux sociaux - Une nouvelle brochure des AFC

Communiqué de presse
Aujourd'hui, plus de 95 % des lycéens ont un compte Facebook, et 75 % disposent d'un Smartphone. La question à se poser n'est donc plus de savoir s'il faut laisser son enfant utiliser ces outils – ils le font déjà –, mais de comprendre ce phénomène. C'est pourquoi les Associations Familiales Catholiques (AFC) publient, aux éditions de l'Emmanuel, une nouvelle brochure intitulée 12 questions à se poser sur les réseaux sociaux rédigée par des membres du réseau OPTIC*.

-          Qu'appelle-t-on un « réseau social » ? Pourquoi un tel engouement chez les jeunes ?

-          Quel statut faut-il donner à la relation sur un réseau social ? Dans quelle mesure la relation au réel est-elle transformée ? Quels sont les risques d'addiction ?

-          Comment connaître et maîtriser l'outil ? Quel dialogue instaurer avec ses enfants sur les réseaux sociaux dans leur quotidien ?

Autant de questions auquel l'ouvrage répond par des pistes concrètes pour aider parents et éducateurs à mieux comprendre le « phénomène » et pour discuter des réseaux sociaux avec un adolescent.

Collection En questions !

 

Les AFC proposent une collection de brochures En questions ! qui se définissent par une orientation résolument pédagogique et éducative, avec une forme ludique (illustrations, police de caractère, maquette…) devant susciter la réflexion (à partir de questions). Elles sont destinées à un large public, avec une cible privilégiée que sont les éducateurs et le monde éducatif, ses acteurs aussi bien de terrain que politiques et les pouvoirs publics en charge des questions éducatives. La forme doit également susciter l’intérêt des adolescents.

Informations pratiques

Cette brochure est disponible dès à présent en librairie.

12 questions à se poser sur les réseaux sociaux, Editions de l’Emmanuel, 43 pages, 5€.

Pour commander en ligne.

Enfants et écrans : grandir dans le Monde Numérique

Le rapport de la Défenseure des enfants, Marie Derain, consacré aux droits de l'enfant, a été rendu public le 20 novembre 2012.

Dans ce rapport intitulé « Enfants et écrans : grandir dans le monde numérique», Marie Derain détaille l’apport bénéfique des nouvelles technologies, mais également les dangers auxquels les mineurs sont exposés sur Internet.

Le rapport « Enfants et écrans » formule 10 propositions concrètes pour protéger les enfants, notamment le droit au "déférencement", un droit à l'oubli des données personnelles produites et mises en ligne par les adolescents.

En quelques années, la multiplication des modes d’accès à internet (ordinateur, Smartphone, tablette numérique, etc.) a augmenté le temps de présence des enfants devant un écran mais aussi a avancé l’âge de leur exposition. En outre, le développement de ces moyens d’accès à internet, a rendu les réglementations et protections existantes obsolètes. La navigation internet sur les tablettes, les smartphones et via le wifi échappe à tout contrôle.

Le rapport demande une protection spécifique des enfants et de leur vie privée plus adaptée, ce qui s'avère "indispensable en raison même de [leur] vulnérabilité". Pour cela, le rapport demande une évolution du droit en matière de numérique et plus particulièrement de protection des données des enfants. Il souhaite dans le même temps que tous les sites internet rendent visibles "les modalités de signalement des contenus illicites ou inappropriés." Enfin, il préconise une formation des enfants aux technologies de la communication, qui pourrait par exemple prendre place dans le cadre scolaire.

Le rapport est disponible sur http://www.defenseurdesdroits.fr/sites/default/files/upload/rapport-droit-enfants-bd-2012.pdf

 La CNAFC, qui œuvre depuis de nombreuses années en faveur d’une véritable éducation au monde de l’image, partage les recommandations faites par ce rapport et réaffirme la nécessité d’un accompagnement des familles, parents et enfants, dans l’éducation au média et au numérique. Et c’est dans cet esprit qu’elle vient de publier une brochure intitulée « 12 questions à se poser sur les réseaux sociaux ».

Actualités des familles La Croix