Back Vous êtes ici : Education Vie scolaire et éducation Ecole Le « Genre » à l’école en 12 questions - version longue

Le « Genre » à l’école en 12 questions - version longue

Le « Genre » arrive à l’école : Parents, êtes-vous informés ?

Présentation

Téléchargez l'argumentaire sous forme de tracts à diffuser

Pour les promoteurs du « Genre », le sexe et le genre sont deux aspects distincts de l’identité sexuelle d’une personne : le sexe renvoie à sa réalité biologique et le genre, lui, à sa réalité sociale. Cela revient à regarder les personnes en dissociant la dimension physique (innée) et la dimension comportementale (acquise). Dans une « perspective de genre » ce n’est pas parce que je suis une femme (sexe) que je devrais adopter obligatoirement les comportements ou les règles sociales qui concernent les femmes (genre). De nombreux courants revendiquent et utilisent cette perspective, le plus extrémiste est le Queer qui s’est développé à partir des années 1990.

Les mouvements féministes qui, dans un premier temps, ont adopté et développé le « Genre » présentèrent les femmes comme une « minorité opprimée », comme l’ont été les Noirs américains. A partir de là, le « Genre » cherche à remettre en cause la domination masculine, réelle ou supposée, dans la société en dénonçant ce qui serait son fondement : l’attribution (on parle d’« assignation ») aux femmes de rôles présentés comme naturels. Le « Genre » développe la formule de Simone de Beauvoir, « On ne naît pas femme, on le devient ». On le deviendrait par l’éducation reçue et par la culture environnante et non par la nature. La féminité, comme la masculinité d’ailleurs, ne relèverait que de l’acquis et non de l’inné. Cela concernerait aussi bien les qualités que l’on attribue aux femmes, leurs goûts, leur orientation sexuelle, les tâches familiales, les métiers qu’elles pratiquent que leurs rôles dans la société ou dans l’Histoire.

Ainsi, les différences entre les sexes ne seraient pas naturelles, mais essentiellement des « constructions sociales ».

A la suite des féministes, les groupes de pression LGBT* ont adopté le « Genre » comme grille de lecture et élargi la portée idéologique : pour eux, puisque tout est construit (par l’éducation et la culture), aucun modèle n’est plus important qu’un autre. L’hétérosexualité ou la famille père-mère-enfants seraient des possibilités parmi de nombreuses autres, toutes de même valeur.

Le « Genre » est donc utilisé comme un outil militant par les lobbys féministes et LGBT.

Le principe de base du « Genre » est la déconnexion, entre le sexe biologique (homme ou femme) et le genre socioculturel (masculin/féminin) : la personne est vue comme indépendante de son corps. Dans les versions les plus extrêmes, on en arrive à une personne et une société sans sexe.

*LGBT : lesbiennes, gays, bisexuels, transsexuels.

Le « Genre » provient de travaux de sociologues américains des années 1960 qui ont été relayés en France à partir des années 70 et ont pris de plus en plus d’importance en orientant les décisions d’organisations internationales comme l’ONU ou l’Union Européenne.

Les études de genre (gender studies, en anglais) sont des domaines d’études consacrés au genre et à la sexualité dans le champ social, politique, anthropologique, historique, philosophique ou artistique.

La « perspective de genre » est l’expression utilisée le plus souvent par les intellectuels français pour nommer ce qui a trait au « Genre ».

La « théorie du genre » est le terme employé pour souligner qu’il s’agit d’une « théorie », c’est-à-dire d’une construction intellectuelle. Les tenants du « Genre », eux, nient qu’il puisse exister une « théorie du genre ».

Pour les tenants du « Genre », le sexe n’est pas nié, mais il est réduit à une simple donnée physique et biologique sans conséquences sur le reste de la personne. Le but est de faire du sexe un élément sans réelle portée et ainsi de libérer chacun de la « contrainte » que serait son corps sexué. Alors, s’il devient indifférent de naître homme ou femme, l’identité sexuelle devient indépendante de l’orientation sexuelle. Autrement dit, ce n’est pas parce que je suis un homme que je suis sensé être attiré par les femmes ; un homme peut donc être attiré par les femmes ou par les hommes ou par les deux : il peut être hétérosexuel, homosexuel, bisexuel ou transsexuel voire évoluer entre ces différentes orientations. De même pour les femmes.

L’ambition du « Genre » est de déconstruire ce qui serait culturel et forgé par l’éducation en dénonçant tous les arguments « naturalistes » (« c’est comme ça parce que c’est naturel »). Cette perspective fragilise les arguments fondés sur la seule nature. Cette perspective imprègne aussi largement les campagnes de « lutte contre les discriminations », « pour l’égalité » ou « contre les stéréotypes sexistes » qui, au final, contribuent à diffuser le « Genre » et donc l’indifférenciation des « modèles » familiaux et des comportements sexuels.


Le « Genre » diffuse par les discours et inspire les décisions des pouvoirs publics et les textes réglementaires ou législatifs dans les domaines de la santé, de l’éducation et de la famille. Il a inspiré la récente loi sur le mariage entre personnes de même sexe. Il a pris une importance de premier plan dans les organismes internationaux (ONU) qui font pression sur les pays, en accordant des aides financières et matérielles à la condition que ceux-ci adaptent leurs législations aux exigences de la « perspective de genre ».

Le « Genre » diffuse parce qu’il a des affinités avec les « valeurs » contemporaines occidentales : l’égalitarisme, le rejet de toute contrainte, l’individualisme qui veut que chacun soit sa propres référence. Il diffuse aussi parce qu’il a un caractère libertaire, voire transgressif. La déconnexion qu’il promeut rejoint la dissociation entre l’amour et la sexualité (sexualité centrée sur le plaisir et non sur la relation) et la dissociation entre la sexualité et la fécondité (permises par la contraception, l’AMP et la GPA). Dans une perspective de « Genre », l’individu devrait pouvoir construire sa sexualité et utiliser son corps comme un instrument au service de son plaisir.

Par ailleurs, à côté de ces raisons d’ordre négatif, la diffusion du « Genre » tient aussi à deux raisons majeures :

-          il cherche à apporter une réponse à des situations réelles de souffrance ou d’exploitation des femmes,

-          la personnalité sexuée est reçue et se construit aussi dans le temps, avec une dimension éducative, sociale ou culturelle : elle est à la fois faite d’inné et d’acquis (voir question 8)

Les premiers travaux scientifiques sur le « Genre » sont partis de l’observation de cas rarissimes d’enfants intersexués (ambiguïté sexuelle à la naissance) auxquels les médecins ont cherché à donner un sexe par voie chirurgicale et hormonale*. Ce qui est considéré par la médecine comme une malformation congénitale, a permis aux théoriciens du genre de dire qu’il n’y avait pas deux sexes clairement séparés, mais une continuité d’un sexe à l’autre. Pour ses promoteurs, on démontrerait par ce biais que l’on ne naît pas homme OU femme. Ces cas très exceptionnels sont abondamment commentés dans les manuels de SVT des classes de Première L et ES publiés en 2011, qui s’efforcent de transformer, dans l’esprit des élèves, un dysfonctionnement génétique très rare en règle générale.

Si l’instrumentalisation de la science à des fins militantes n’est pas exceptionnelle (la plupart des théories racistes ont cherché à s’appuyer sur la science pour se justifier), le fait que la finalité du « Genre » soit explicitement de « transformer le monde » fait forcément peser un soupçon sur l’honnêteté scientifique des arguments utilisés : ils relèvent plutôt d’une démarche idéologique.

* « L’expérience tragique du gourou du ‘’genre’’ », Le Point n°2130, 11 juillet 2013

 

Un enjeu éducatif et notamment scolaire

La lutte engagée par les tenants du « Genre » pour « transformer le monde » en abolissant les différences entre les sexes se situe sur le terrain législatif et sur le terrain de l’éducation : il s’agit d’éduquer pour « changer les mentalités » (Vincent Peillon) en passant outre le rôle des parents comme premiers et principaux éducateurs de leurs enfants. Les programmes qui se mettent en place à l’école (ABCD de l’égalité) ou dans les crèches (éducation indifférenciée filles/garçons pour « lutter contre les stéréotypes de genre ») permettent d’agir très en amont, de former les esprits dès le plus jeune âge et de rendre ainsi évident ce que les parents de ces enfants regardent sans y prêter attention, voire avec un sourire amusé. Dans quelques années, les lois suivront facilement les habitudes et les mœurs…

Se placer sur le terrain de l’éducation, c’est aussi se donner la possibilité de travailler par petites touches : une campagne de lutte contre les stéréotypes de genre, une nouvelle formation des enseignants comportant la « perspective de Genre », un agrément accordé à une association LGBT… autant de décisions qui n’entrainent pas, comme un projet de loi est susceptible de le faire, un débat public important.

Enfin, l’éducation sexuelle est le terrain privilégié pour cette offensive en intégrant des messages moraux ou comportementalistes pour orienter les jeunes.


Le « Genre » n’est pas, en tant que tel, inscrit comme objectif de l’école primaire dans le texte de « Loi de Refondation de l’Ecole ». Après différents amendements, le terme a d’ailleurs été remplacé par « l’égalité des garçons et des filles ». S’il n’est pas entré par la porte de la Loi, il passera par de nombreuses fenêtres : la formation des enseignants par les ESPE (Ecoles Supérieures du Professorat et de l’Education) qui remplacent les IUFM, où la formation à la « perspective de genre » devrait être confiée aux associations LGBT* ; les programmes, que le nouveau CSP (Conseil Supérieur des Programmes) est chargé d’élaborer ; les parcours spécifiques tel que l’ABCD de l’égalité mis en place dans 10 Académies dès la rentrée 2013 ; les 3 séances d’éducation sexuelle de 2 heures prévues pour chaque classe de la maternelle à la terminale depuis une circulaire de 2003 et que le Gouvernement entend appliquer…

La « perspective de genre » est d’ores et déjà étudiée dans le programme de SVT de Première L et ES et dans l’option « Droit et grands enjeux du monde contemporain » de Terminale L.

*Discriminations LGBT-phobes à l'École - État des lieux et recommandations, Rapport de M. Teychenné au ministre de l’Education nationale, juin 2013


Vouloir mettre fin, en totalité ou en partie, aux différences entre hommes et femmes, c’est générer un brouillage identitaire à des étapes décisives de la croissance des enfants et des adolescents. Rendre la réalité confuse, chercher à la déconstruire, c’est déstabiliser profondément les plus jeunes qui auront du mal à relier leur expérience familiale quotidienne avec ce qu’ils entendent à l’école. Le petit garçon sait très tôt (avant 2 ans) qu’il est du même sexe que son père, la petite fille du même sexe que sa mère et l’un et l’autre se construisent dans la perspective de devenir un homme ou une femme sans confusion possible.

La construction sexuée obéit à une double dynamique ; elle est à la fois un donné qui se découvre peu à peu et que l’enfant s’approprie dans l’identification au parent de même sexe et elle est éducative et culturelle en intégrant des points de repère ou des codes culturels et éducatifs, fruits d’un patrimoine humain transmis d’une génération à l’autre et à l’intérieur même d’une génération. C’est ainsi que l’on peut dire à la fois que l’on naît homme ou femme ET qu’on le devient au fil des années. De même que l'enfant n'accède au langage que s'il le reçoit, de même il ne définit son identité sexuelle qu'en harmonisant le donné naturel avec ce qu'il reçoit par les échanges avec son entourage sexué : un père et une mère qui l'aiment et qui s'aiment, et qui lui apprennent les diverses significations des langages du corps.

Déconstruire cet apport c'est donc : rendre les enfants incapables du langage du corps et ériger en principe la défiance dans ce que l'on reçoit de l'autre - parent, professeur, société. Laisser un enfant se « construire » lui-même l'abandonne à une grande solitude et une incompréhension désespérante de ce qu'il est. Certains ne parviendront pas à se construire : on seulement ils ne s'y retrouveront pas, mais ils seront probablement incapables d’établir des relations avec autrui.

Vouloir affranchir un enfant de l’héritage qui le relie à une communauté humaine, le laisser se « construire » lui-même le laisse livré à une grande solitude et une incompréhension désespérante de ce qu’il est.



Quelle attitude adopter, quelles réponses  apporter ?

Nous n’élevons pas nos enfants hors de la société et de ses influences ; notre mission de parents est de les aider à bien vivre dans ce monde et à être heureux dans la société telle qu’ils la rencontrent à leur génération, sans être ballottés au gré des modes ou des idéologies.

En primaire, il est préférable de se renseigner auprès de l’enseignant et/ou du chef d’établissement dès le début de l’année pour savoir si des cours d’éducation sexuelle sont prévus dans l’année, par quels intervenants extérieurs éventuels et avec quel contenu. Le dialogue sera d’autant plus utile qu’il sera instauré de façon respectueuse et constructive.

Au collège-lycée, la question peut être posée à la réunion de parents de début d’année : est-il prévu des programmes spécifiques sur des thématiques a priori consensuelles comme « l’égalité » ou « la lutte contre les discriminations » ou « lutte contre les stéréotypes » qui recouvrent, de fait, le « Genre ») ? On demandera aussi qui se charge des éventuelles séances d’éducation sexuelle ?

Les associations de parents d’élèves peuvent être de bons relais pour dialoguer avec les enseignants ou la direction de l’école.


Dans des cas extrêmes, toute possibilité de dialogue étant épuisée, des parents peuvent être amenés à signifier à l’enseignant et au chef d’établissement que le contenu de ce qui est enseigné à leur enfant s’oppose à leur liberté de conscience et qu’ils ne peuvent le cautionner.

En Espagne, le gouvernement Zapatero avait mis en place un cours « d’Education à la citoyenneté » obligatoire et transmettant l’idéologie du « Genre ». 55 000 familles ont invoqué une atteinte à leur liberté de conscience et ont pu, au bout de 7 ans de procédures, obtenir le retrait de cet enseignement.

 

Les parents sont les premiers et les principaux éducateurs de leurs enfants. Ils ont donc le droit et le devoir, sur un sujet aussi sensible et engageant pour l’avenir de leurs enfants, de leur transmettre leurs convictions et leur vision personnelle des relations homme-femme, de la sexualité, de la transmission de la vie, de l’accueil d’un enfant. L’éducation doit être à la fois relationnelle, affective et sexuelle et ne pas se réduire à une démarche hygiéniste (pour se prémunir contre les infections ou les grossesses non désirées) ou comportementaliste (pour expliquer un « mode d’emploi » de la sexualité). Les parents sont les mieux à même de transmettre une vision de la relation homme-femme où le cœur et le corps sont à l’unisson pour le bonheur de chacun.

Traiter de la thématique du « Genre » ne peut se résumer à une dénonciation ou à la seule mention d’arguments d’autorité fondés sur la nature. Dans une perspective éducative, les dimensions relationnelle, affective et sexuelle doivent être investies afin de donner du sens à la place respective de l’homme et de la femme, à leur rencontre et à l’accueil de l’enfant, fruit de leur amour.

Il est nécessaire que de nombreux adultes s’engagent pour transmettre cette bonne nouvelle de la vie et de l’amour centrée sur la relation et non sur une sexualité de consommation.

 

Nous avons vu que le « Genre » se présente le plus souvent sous ces appellations généreuses et qui suscitent l’adhésion.

En effet, les discriminations à l’école sont un phénomène nouvellement décrit et qui paraît en augmentation. Un collégien sur 10 serait concerné, toutes discriminations confondues.

Il semble que, plus une société secrète de modèles, de règles, de lois ou de normes, plus elle suscite le rejet de ceux qui ne parviennent pas à intégrer ces mêmes normes et à y correspondre. Les stéréotypes sexistes ou liés à l’orientation sexuelle sont loin d’être les seuls concernés : toute différence physique ou de comportement peut servir de « chiffon rouge » pour provoquer l’exclusion et, éventuellement, le harcèlement à l’école*. Des rapports officiels notent qu’il existe un sur-suicide des jeunes homosexuels par rapport aux jeunes hétérosexuels et en concluent que le harcèlement en serait la cause. Or, ces chiffres du suicide des jeunes homosexuels ne varient pas alors que l’homosexualité est de mieux en mieux acceptée dans la société française. Peut-être des raisons davantage liées au vécu intime de la personne homosexuelle seraient-elles à rechercher et à étudier…

En tout état de cause, il apparaît que rajouter des normes ou des contraintes dans une société déjà sur-codifiée n’ira pas dans le sens recherché, au contraire. Nous avons besoin de moins de Loi et de plus de Lien.

Plutôt que de « lutter contre », des programmes positifs d’éducation au respect mutuel, à la reconnaissance et à l’accueil de l’autre différent mais partageant une même « Fraternité » républicaine seraient une urgence au sein de l’Ecole.

*En janvier 2013 un adolescent s’est suicidé parce qu’il était harcelé en raison de sa couleur de cheveux : il était roux.




Le « Genre » pointe la persistance de discriminations sexistes, sources d’une vraie souffrance, particulièrement dans certains pays en voie de développement. Il est un appel à plus de respect envers les femmes mais aussi envers les personnes homosexuelles.

Il n’est cependant pas la bonne réponse à ces vrais sujets. Le « Genre » est une tentative pour donner un sens, une signification à notre existence : son idéologie est un soubresaut de notre société adolescente et dépressive, qui cherche l’Absolu dans une autonomie absolue rejetant tout donné qui préexisterait à l’existence de chacun. Cet affranchissement mène à une solitude désespérée d’où toute rencontre et amour vrai sont exclus au profit d’un individualisme triomphant. Il s’agit donc dans le même temps d’un appel sur le sens de l’existence humaine qui témoigne d’une grande soif de redécouvrir que l’homme et la femme sont des êtres de relation, appelés à faire l’unité en eux-mêmes et faits pour vivre la communion dans un amour mutuel.

 

 

Actualités des familles La Croix