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La Boutique de l'Orfèvre : genèse et portée d'une pièce

 C’est en 1960 que Karol Wojtyla, alors tout jeune évêque de Cracovie, écrit La Boutique de l’Orfèvre, une pièce de théâtre promise à une grande mission.

Le sous-titre de cette pièce, souvent oublié, en éclaire le contenu : « Méditation sur le sacrement de mariage qui, de temps en temps, se transforme en drame ». Une œuvre où se déploient toute la personnalité et la spiritualité de celui qui deviendra Jean-Paul II : acteur, écrivain, philosophe, théologien et homme de terrain plein de réalisme. Un message prophétique pour aujourd’hui.

Dès ses études de philosophie qui le passionnent, le jeune Wojtyla se penche sur la question de l’amour en général, et de l’amour conjugal en particulier, qu’il approfondira tout au long de sa vie dans une réflexion sur la vocation du mariage, thème saillant de son enseignement. Mais cette œuvre est d’abord le fruit de ses libres échanges avec de nombreux couples qui s’aiment et sont en passe de s’engager, et de ce sixième sens, qui lui est propre, d’une exquise compréhension – prophétique - de la profondeur de la personne humaine.

Pour percevoir la richesse du texte, de son message, il faudra passer le cap de l’étonnement, car cette pièce est, à bien des égards, déroutante. Plus qu’un spectacle vivant que l’on vient voir, c’est une réflexion sur l’amour et le mariage que l’on vient écouter, pour ne pas dire méditer. C’est par le silence intérieur qu’il faudra pénétrer dans l’histoire de trois couples que le spectateur découvre peu à peu, en monologues. Tout d’abord, Thérèse (Moana Ferré, voir notre interview), à qui André (Michel-Olivier Michel) vient de demander d’être « la compagne de sa vie », rayonne de l’harmonie de ses sentiments avec son choix. On découvre alors l’histoire de leur amour, qu’ils ont su progressivement accueillir et discerner en dépit – ou plutôt grâce – aux interrogations d’André. Ensuite il y a Anna (Véronique Ebel), déçue par son mari, Stéphane, devenu indifférent après plusieurs années de mariage, et qui espère que l’amour pourra renaître avec un autre, sans pourtant succomber à l’infidélité. Aidée par Adam (Francis Lalanne), mystérieux témoin et confident des cœurs qui guidera chacun, à travers son histoire,  vers le choix de l’amour véritable, elle comprend – et accepte – que le « bien aimé » ne peut avoir d’autre visage que celui que l’on a déjà aimé. Le destin veut que Monique (Maud Laedermann) et Christophe (Yohann Vallée), leurs enfants, s’aiment et se fiancent. Surgissent alors deux personnalités marquées par l’histoire de leurs parents. Monique, blessée par le désamour de ses parents – Anna et Stéphane -  doute que Christophe puisse l’aimer toute une vie. Christophe, au contraire, tente de la libérer et de la guérir de ses craintes, par le regard d’amour qu’il porte sur elle. Auprès de chacun d’eux se tient l’orfèvre (Francis Lalanne) qui façonne les alliances qui n’ont de poids que si elles sont deux…

Trois chemins par lesquels le spectateur lui-même est amené à réfléchir. Une pièce à relire et réentendre, pour se nourrir et recevoir la puissance de vie qu’elle contient.

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